Remis au goût du jour par Steven Spielberg il y a 25 ans avec Jurassic Park, le film de dinosaures reste une affaire qui marche, une énième déclinaison de Jurassic World, toujours d'après Michael Crichton, étant attendue sur les écrans début juin. Les éditions Rimini proposent judicieusement de remonter aux sources du genre avec la parution d'un Blu-ray réunissant les deux premières versions de The Lost World, inspirées pour leur part de l'oeuvre de Conan Doyle, celle tournée en 1960 par Irwin Allen ayant été précédée, en 1925, par une autre de Harry O. Hoyt, proposée ic...

Remis au goût du jour par Steven Spielberg il y a 25 ans avec Jurassic Park, le film de dinosaures reste une affaire qui marche, une énième déclinaison de Jurassic World, toujours d'après Michael Crichton, étant attendue sur les écrans début juin. Les éditions Rimini proposent judicieusement de remonter aux sources du genre avec la parution d'un Blu-ray réunissant les deux premières versions de The Lost World, inspirées pour leur part de l'oeuvre de Conan Doyle, celle tournée en 1960 par Irwin Allen ayant été précédée, en 1925, par une autre de Harry O. Hoyt, proposée ici au titre de document. Irwin Allen est surtout passé à la postérité pour ses qualités de producteur, son parcours (revisité dans le documentaire télévisé The Fantasy Worlds of Irwin Allen, également au rang des bonus) l'ayant conduit de Where Danger Lives, avec Robert Mitchum, à The Towering Inferno, en passant par les séries à succès Lost in Space etVoyage to the Bottom of the Sea. Plus modeste, sa filmographie comme réalisateur s'inscrit dans la même veine fantastique et spectaculaire qu'affectionnait celui que l'on surnomma " the Master of Disaster". Ainsi donc de The Lost World, adapté à l'orée des années 60 du roman éponyme de Conan Doyle paru en 1912. De retour d'Amazonie, le professeur Challenger (Claude Rains), un scientifique fanfaron, affirme devant l'assistance incrédule du Zoological Institute de Londres y avoir découvert, sur un plateau volcanique réputé inaccessible, des créatures rescapées de la période jurassique. Et de monter une nouvelle expédition afin de confondre les sceptiques, le petit groupe se retrouvant bientôt exposé aux mille dangers d'une jungle peuplée d'Indiens cannibales et de monstres préhistoriques. À défaut d'être une franche réussite, le film d'aventures un brin désinvolte qui s'ensuit reste une curiosité, prêtant plutôt à sourire qu'à tressaillir d'effroi (en dépit d'une poursuite finale ne manquant assurément pas de cachet). Il est vrai que les dinosaures sont le plus souvent confinés à l'arrière-plan, ce qui s'explique lorsqu'on apprend de l'historien du cinéma Christophe Champclaux qu'il s'agissait de lézards et de bébés alligators maquillés, sur lesquels la production a sans doute préféré jeter un voile pudique. En l'occurrence, The Lost World fut une victime collatérale des dépassements de budget pharaoniques de Cléopâtre, voyant son enveloppe rabotée de 3,5 à 1,2 million de dollars, les effets spéciaux imaginés par le génial Willis O'Brien passant à la trappe. On peut toutefois apprécier les premiers pas de celui-ci dans la version de 1925 du film, merveille vintage où les dinosaures -des marionnettes animées image par image- produisent leur petit effet, non sans annoncer le King Kong de Cooper et Schoedsack...