EMMENé PAR FRéDéRIC LOPEZ.
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EMMENé PAR FRéDéRIC LOPEZ. Ce soir, une terre inconnue a rendez-vous avec Marianne James, cantatrice chevelue, vedette people et ancienne jurée de la Nouvelle Star. Une terre? " Un endroit qui n'est ni sur la terre, ni dans le ciel, ni dans la mer. En fin de compte, c'est une quatrième dimension", décrit l'invitée prétexte. L'équipée de Frédéric Lopez, qui emmène depuis 2004 des célébrités dans des contrées improbables, a cette fois mis le cap sur un petit village de pêcheurs de l'archipel des Banggai, dans le sud-est asiatique. Particularité: il est bâti sur pilotis, au milieu de nulle part, et ressemble à une petite collection de châteaux de cartes vacillant à moitié sur de frêles échasses plantées dans la mer. Les hôtes de la caravane française sont des Bajaus, anciens nomades contraints à l'immobilité par le gouvernement indonésien, et qui ont coupé la poire en deux en abandonnant leur vie en bateau pour une habitation pas comme les autres, suspendue au bon vouloir des éléments. Les Bajaus sont des pêcheurs hors pair. D'ailleurs, nombreux sont les habitants des îles environnantes à s'intéresser à leurs secrets. Certains s'installent même chez eux pour de bon, malgré la rudesse des conditions de vie dans ce village bercé par le clapotis de l'eau. Avec sa grande gueule, son phrasé un brin aristo, son gabarit plantureux et sa dégaine de femme fatale, Marianne James détonne un peu au milieu de ces hommes et femmes simples et délicats, au quotidien entièrement régi par les poissons. Très vite cependant, l'ex-Ulrika von Glott va s'intégrer à la vie locale, faire pipi dans la mer, goûter à la gastronomie des familles, et enfiler les expériences physiques et émotionnelles extrêmes. Et une fois encore, la magie va opérer, derrière et devant l'écran. Ce numéro de Rendez-vous en terre inconnue est certes encore pétri de bons sentiments mais se distingue toutefois des autres en insistant moins sur la psychologie de sa protagoniste principale que sur l'incroyable contrée qu'elle visite. Marianne James s'ouvre peu, et c'est sans doute tant mieux, plus pudique, moins larmoyant. La star de l'émission, la vraie, c'est la mer, majestueuse, poétique, nourricière et parfois meurtrière. Les pieds dans l'eau, les yeux dans l'horizon, le téléspectateur -qu'il se rassure- versera quand même une larme au terme d'un voyage à couper le souffle, lorsqu'Ozark Henry, invité sur la B.O., délivrera de sa voix de faon un Christmas in Vegas complètement décalé, magnifique. Myriam Leroy