Cocréatrice de la série Westworld, Lisa Joy signe avec Reminiscence un premier long métrage inscrit au carrefour de la science-fiction et du film noir. Dans un Miami partiellement englouti à la suite du changement climatique, les pauvres ont été relégués sur la "Sunken Coast" menacée par les éléments, tandis que les nantis observent la situat...

Cocréatrice de la série Westworld, Lisa Joy signe avec Reminiscence un premier long métrage inscrit au carrefour de la science-fiction et du film noir. Dans un Miami partiellement englouti à la suite du changement climatique, les pauvres ont été relégués sur la "Sunken Coast" menacée par les éléments, tandis que les nantis observent la situation depuis des zones protégées par des digues. L'avenir s'annonçant plus sombre encore, la nostalgie est devenue un refuge sinon un mode de vie pour la plupart. Et un gagne-pain pour Nick Bannister (Hugh Jackman), un détective de la mémoire, et son associée Emily Watts (Thandiwe Newton), qui proposent à leurs clients de remonter le fil de leurs souvenirs à l'aide d'un appareillage sophistiqué. Un business qui roule, jusqu'au jour où débarque Mae (Rebecca Ferguson), une jeune femme voulant recourir à leurs services pour découvrir où elle a... égaré ses clés. Il n'en faut guère plus pour que Nick tombe sous le charme, passion virant à l'obsession après la disparition de la belle inconnue, et l'entraînant bientôt en terrain miné... Évoquant inévitablement par son concept (et en version simplifiée s'entend) le Inception de Christopher Nolan, ce premier essai de Lisa Joy emprunte des allées dystopiques tout en ravivant la mémoire du film noir, recyclant la figure du privé et de la femme fatale dans ses décors rétro-futuristes, atmosphère poisseuse et délétère de circonstance à l'appui. En résulte un polar d'anticipation ambitieux qui, s'il pèche par excès de raideur, n'en dispense pas moins un charme aussi vénéneux que désenchanté au gré de son scénario à tiroirs...