"Il y a dans cette époque de la fin des années 50 un côté ligne claire très stimulant, stylistiquement parlant!" Derrière des lunettes qui lui donnent un air de bon élève, Régis Roinsard a les yeux qui pétillent d'enthousiasme. Ce réalisateur de clips musicaux et de pubs, auteur déjà de quelques courts métrages, s'offre -chose rare- un premier film à 16 millions d'euros! Un budget poids lourd dont il a fait dans Populaire un usage épatant ( lire critique page 31). Tout a commencé voici quelques années, quand Roinsard fut frapp...

"Il y a dans cette époque de la fin des années 50 un côté ligne claire très stimulant, stylistiquement parlant!" Derrière des lunettes qui lui donnent un air de bon élève, Régis Roinsard a les yeux qui pétillent d'enthousiasme. Ce réalisateur de clips musicaux et de pubs, auteur déjà de quelques courts métrages, s'offre -chose rare- un premier film à 16 millions d'euros! Un budget poids lourd dont il a fait dans Populaire un usage épatant ( lire critique page 31). Tout a commencé voici quelques années, quand Roinsard fut frappé, en visionnant un documentaire sur l'histoire de la machine à écrire, par une courte séquence sur un championnat de vitesse dactylographique. " Cela m'avait fasciné, je trouvais ça dingue, surréaliste, et très excitant, cinématographiquement parlant", se souvient celui qui a rapidement vu le potentiel d'un film " centré sur un objet éminemment symbolique, et situé dans un microcosme où pourraient se refléter plein d'autres choses..." Tombé amoureux d'un " monde atypique, comme on en voit dans les films belges", le réalisateur savait qu'il lui faudrait un script imparable pour "pitcher" un projet presqu'aussi improbable que celui de The Artist. Il n'ignorait pas, non plus, qu'il lui faudrait en faire une expérience formelle. Et il se replongea avec délices, pour s'en inspirer, dans l'univers de la comédie américaine des années 50, celle de Billy Wilder en premier. " Wilder alliait comme personne les sujets intéressants et le style. Ses comédies mais aussi ses films noirs, ses drames, en sont tous la preuve." Pour mener à bien Populaire, Régis Roinsard fit appel " au producteur le plus fou de Paris, Alain Attal, qui aime les prises de risques, même hallucinantes". Et engagea aussi Romain Duris, " un acteur générationnel dont la modernité, le charisme, la... popularité" étaient porteurs pour incarner le patron coachant sa secrétaire dans l'espoir de faire d'elle une championne de vitesse dactylo. Restait à trouver la perle rare, la comédienne qui incarnerait Rose Pamphyle. " J'ai fait un casting géant, explique le réalisateur, Déborah François (lire son interview page 24) a passé l'audition environ 40e, chronologiquement. Quand j'ai vu son essai, j'ai craqué. Elle a rougi pendant la scène. J'ai su dès ce moment qu'elle irait elle aussi au bout de cette folie mêlée d'innocence que je voulais donner au film." " Le cinéma tel que je l'aime et que je veux en faire doit être une expérience totale, conclut Roinsard. Il faut qu'on rie, qu'on pleure, qu'on vibre. Il faut l'accord des acteurs, de la lumière, des costumes, des décors et du son, rien ne doit être négligé de ce qui peut donner du plaisir!" Un plaisir des plus partageables, si l'on en juge par les ovations soulevées par Populaire aux nombreuses projections précédant sa sortie. Le buzz est énorme! LOUIS DANVERS