Atout charme d'une Momie sortie d'un long silence à la toute fin des années 90, Rachel Weisz devait rapidement prendre une autre dimension, l'actrice britannique témoignant, au gré d'une filmographie tout ce qu'il y a de plus enviable, d'un goût très sûr, rehaussé d'une curiosité rarement démentie. Et de se multiplier devant les caméras de Fernando Meirelles (The Constant Gardener), Darren Aronofsky (The Fountain), Wong Kar-wai (My Blueberry Nights), Alejandro Amenabar (Agora), Peter Jackson (The Lovely Bones) ou autre Terence Davies (The Deep Blue Sea); liste non exhaustive, encore bien, à laqu...

Atout charme d'une Momie sortie d'un long silence à la toute fin des années 90, Rachel Weisz devait rapidement prendre une autre dimension, l'actrice britannique témoignant, au gré d'une filmographie tout ce qu'il y a de plus enviable, d'un goût très sûr, rehaussé d'une curiosité rarement démentie. Et de se multiplier devant les caméras de Fernando Meirelles (The Constant Gardener), Darren Aronofsky (The Fountain), Wong Kar-wai (My Blueberry Nights), Alejandro Amenabar (Agora), Peter Jackson (The Lovely Bones) ou autre Terence Davies (The Deep Blue Sea); liste non exhaustive, encore bien, à laquelle viennent de s'ajouter Paolo Sorrentino, avec qui elle a tourné Youth, et Yorgos Lanthimos, dont elle illumine The Lobster de sa présence. Le générique la désigne comme la "short sighted woman", sans plus de précision, étrangeté qui n'était certes pas pour déplaire à la comédienne. "Yorgos Lanthimos est un cinéaste avec une vision unique. J'avais adoré Dogtooth, et j'ai demandé à le rencontrer pour lui dire que j'aimerais travailler avec lui. J'avais envie de faire partie de son univers, tant il m'apparaissait original et différent." En quoi l'expérience de The Lobster ne l'aura certes pas déçue: "Ce tournage a ressemblé à une aventure. Il n'y avait pas moyen de préparer ce rôle, ni d'effectuer la moindre recherche. Mais chaque mot se trouvait dans le scénario, et il n'y a pas eu d'improvisation. Nous avons respecté ce qui était écrit, ce qui n'ôtait rien au mystère." Le résultat en est d'ailleurs le reflet qui, non content de se jouer des canons narratifs traditionnels, ouvre sur un large éventail d'interprétations -"chaque personne voyant ce film en a sa propre lecture, sans qu'aucune ne soit erronée", apprécie-t-elle.Et s'il y a là une dimension politique sous-jacente, Rachel Weisz s'attache pour sa part à son pendant romantique, faisant l'analogie avec Roméo et Juliette. "C'est différent dans le cas présent, mais on a aussi affaire à un amour impossible devant s'élever face aux diktats et règlements. Des obstacles majeurs et l'interdit créent la possibilité d'une grande histoire d'amour." The Lobster regorge ainsi de règles absurdes à géométrie variable dont l'une veut que les individus ayant échoué à trouver un(e) partenaire deviennent un animal de leur choix. "J'aimerais être une grenouille, attendant d'être embrassée pour se métamorphoser en prince, ou un poney, choyé par une petite fille qui l'aimerait de tout son coeur", sourit l'actrice, invitée à jouer le jeu. A défaut de quoi, si l'on peut dire, elle poursuit une carrière que l'on serait tenté de qualifier d'exemplaire: "Je suis tournée vers l'avenir. J'ai désormais le luxe de pouvoir choisir, et c'est une position extrêmement privilégiée. Je veux produire des films, chercher des rôles qui me plaisent, avec des réalisateurs avec qui j'ai envie de travailler. Certains choix se révèleront judicieux, d'autres moins, on ne peut pas savoir..." Voire: son instinct ne l'a guère trahie à ce jour... J.F. PL.