26 morceaux. 63 minutes 56 secondes de musique. C'est un disque d'un autre temps. Celui où on le prenait encore. Où l'on s'asseyait dans son fauteuil pour écouter. Pas encore contaminés par l'urgence galopante et l'égocentrisme vide du monde hyperconnecté. Hard Fun Grand Design est un album ambitieux. Une grande odyssée pop, riche, fourmillante, foisonnante, qui révèle lentement l'étendue de ses charmes et aurait rendu fous plus d'un Brian Wilson.
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26 morceaux. 63 minutes 56 secondes de musique. C'est un disque d'un autre temps. Celui où on le prenait encore. Où l'on s'asseyait dans son fauteuil pour écouter. Pas encore contaminés par l'urgence galopante et l'égocentrisme vide du monde hyperconnecté. Hard Fun Grand Design est un album ambitieux. Une grande odyssée pop, riche, fourmillante, foisonnante, qui révèle lentement l'étendue de ses charmes et aurait rendu fous plus d'un Brian Wilson. Yorgos Tsakiridis et Arne Omloop ayant quitté l'embarcation, devenue depuis un véritable vaisseau spatial, le Bed Rugs de Hard Fun Grand Design repose sur les épaules des seuls Yannick Aerts, Noah Melis et Stijn Boels. Ce double album, les trois Anversois fans du Big Lebowski sont partis l'enregistrer au printemps 2017 dans l'Amérique profonde et le Pixel studio de Derek Almstead, bassiste étroitement lié au collectif Elephant 6 des Neutral Milk Hotel, The Apples in Stereo et autre of Montreal... Arrivés à Athens, Géorgie, avec 27 morceaux fabriqués à la maison et dans les Ardennes, tout en espérant en finaliser la moitié, les Bed Rugs, cloîtrés par des conditions météorologiques épouvantables, y ont passé cinq semaines à bosser d'arrache-pied sur ce qui sonne aujourd'hui comme un opéra pop psychédélique et futuriste. " Je me suis dit dans un premier temps que c'était trop long, que je trierais moi-même, avoue le patron de leur label Waste My Records. Mais le groupe avait raison. C'est un disque qui s'écoute et se dévoile dans son intégralité." Un disque ultra accessible qui prend sens dans son ensemble et dont le 26e et ultime titre, Spreads, est encore un irrésistible single. Produit par Almstead, aidé dans le mixage par Will Cullen Hart (The Olivia Tremor Control), Hard Fun Grand Design compte à son casting une belle petite brochette de musiciens venus jouer du banjo, du violon, de la clarinette et de la scie musicale... Des membres d'Olden Yolk notamment (Shane Butler est même responsable de l'artwork), qu'on vous recommandait encore dans ces colonnes récemment. Il y a aussi des claviers, de la flûte, de l'harmonica, du ukulélé, du glockenspiel sur cette petite merveille de disque toujours évident même dans sa complexité. Bed Rugs s'y pose en Beach Boys extraterrestres, en frangins belges des Flaming Lips. Des héritiers des années 60 avec les orteils qui prennent l'air dans le futur. On se promène dans l'espace émerveillé. On atterrit dans la BO de Twin Peaks. On se télétransporte sans s'en rendre compte sur une plage et sous les palmiers. On est en 2068 avec les hippies de demain. On voyage sur des tapis persans au milieu de boules de bowling. Les voix sont douces. Les ambiances soyeuses. Si c'est ça l'avenir, on veut même bien y aller...