Figure excentrique de l'Histoire de l'art, aux intérêts disparates, Jean-Claude Lebensztejn ne semble rien ignorer de ce qui relève du monde des images. Car lui qui se sent aussi à l'aise pour discuter de la question des Manières de table (Bayard, 2004) que de l'histoire des Figures pissantes...

Figure excentrique de l'Histoire de l'art, aux intérêts disparates, Jean-Claude Lebensztejn ne semble rien ignorer de ce qui relève du monde des images. Car lui qui se sent aussi à l'aise pour discuter de la question des Manières de table (Bayard, 2004) que de l'histoire des Figures pissantes (Macula, 2016), de l'oeuvre d'Éric Poitevin ou de Malcolm Morley que des Couilles de Cézanne (Séguier, 1995) ou du Chahut de Georges Seurat, n'a jamais limité son expertise aux arts plastiques, à la photographie ou aux élégances de siècles disparus. Comme en témoigne Propos filmiques, un généreux recueil rassemblant les articles sur le cinéma qu'il a disséminés entre 1980 et 2020 au fil des catalogues, des ouvrages collectifs et des commandes d'institutions, son insatiable curiosité, son écriture pointue et son érudition fantasque s'appliquent tout aussi bien au monde du film. Choisissant les chemins de traverse et les coulisses oubliées, c'est sur des figures inattendues (de Kenneth Anger à Paul Sharits en passant par le Andy Warhol cinéaste), des thèmes curieux (le relief au cinéma, l'idée de cinéma total) que s'est fixée son attention, comme par désir de proposer une autre Histoire du cinéma, invaginée comme un gant retourné. C'est sans doute aussi, par là-même, l'autoportrait pudique d'un cinéphile involontaire, qui aime regarder les films comme on regarde un tableau de Raphaël: de travers.