On se souvient peut-être de Comme si de rien n'était, une proposition de Michel Van Dyck, grand amateur d'art contemporain et visiteur régulier des jardins du Musée van Buuren. Non? Dommage, car elle en valait la peine. Il y a environ un an, l'homme avait eu l'idée de soumettre à la conservatrice de l'endroit un principe d'exposition disséminée à la façon d'une " chasse au trésor" -le mot est de Stefa...

On se souvient peut-être de Comme si de rien n'était, une proposition de Michel Van Dyck, grand amateur d'art contemporain et visiteur régulier des jardins du Musée van Buuren. Non? Dommage, car elle en valait la peine. Il y a environ un an, l'homme avait eu l'idée de soumettre à la conservatrice de l'endroit un principe d'exposition disséminée à la façon d'une " chasse au trésor" -le mot est de Stefan Liberski- dans ce lieu de patrimoine que l'on doit à un couple de collectionneurs disparus avec le souci de transformer par-delà sa mort une époustouflante villa Art Déco en "maison de mémoire". Réunissant des talents tels que Kendell Geers ou Sophie Whettnall, l'événement enchantait l'oeil tout autant que l'esprit. À un point tel qu'il appelait, certes tacitement mais inexorablement, une suite. De fait, on ne peut que se réjouir de l'initiative consistant à rapprocher la création contemporaine de pièces du passé: à la lumière du présent, les contours de ce qui a été se redessinent, se réinventent. Avec une partie des oeuvres posées dans le jardin qui a été partiellement dessiné par René Pechère, Présent va comme un gant aux beaux jours. L'éventail des approches est large entre le goût pour l'inframince d'un Christophe Terlinden - Jungle Gym, un assemblage de petits bâtonnets de verre projetant son ombre paradoxale dans le sable- et l'imposante fresque de Martin Belou, Half of River Scene, qui mêle bois, acier, laiton, cuivre et peinture. Remarquables sont également les différentes oeuvres de Tatiana Wolska, notamment l'un de ses "principes d'incertitude" qui semble bouter le feu à la végétation environnante, ainsi que les "masques d'arbre" de Christophe Doucet. L'intérieur est tout aussi réjouissant. On pense à l'énorme perruche à collier de Charlotte vander Borght qui envahit la salle de bain ou à Gijs Milius installant un personnage inattendu dans le canapé du salon.