Avec les cinglés de la Fat White Family, les virulents Sleaford Mods, les turbulents Cabbage et les jeunes enragés de Shame, l'Angleterre de la musique s'est découvert ces dernières années une scène musicale vindicative et cinglante. Des mecs qui n'ont pas leur langue dans leur poche, l'ont même plutôt bien pendue, et n'épargnent rien à un pays, le leur, qui ne tourne plus rond et a depuis longtemps, politiquement parlant, cessé de rouler à gauche. Dans cette famille de grands énervés qui crachent sur le royaume et ceux qui le dirigent, les mecs d'Idles sont sans doute les plus aboyeur...

Avec les cinglés de la Fat White Family, les virulents Sleaford Mods, les turbulents Cabbage et les jeunes enragés de Shame, l'Angleterre de la musique s'est découvert ces dernières années une scène musicale vindicative et cinglante. Des mecs qui n'ont pas leur langue dans leur poche, l'ont même plutôt bien pendue, et n'épargnent rien à un pays, le leur, qui ne tourne plus rond et a depuis longtemps, politiquement parlant, cessé de rouler à gauche. Dans cette famille de grands énervés qui crachent sur le royaume et ceux qui le dirigent, les mecs d'Idles sont sans doute les plus aboyeurs. Meilleur groupe d'Angleterre selon le quotidien The Guardian (mouais, ça se discute quand même), Idles s'est taillé une réputation XXL à coups de concerts survoltés qui sentaient la sueur, le vieux calbut et la moustache trempée dans la Guinness. Après Brutalism (2017), carte de visite au succès inattendu, le quintet de Bristol répond au Brexit et au climat ambiant dépressif avec un deuxième album dont le titre a tout de la profession de foi. Joy as an Act of Resistance donc. " Ou un sourire courageux et franc dans un monde merdique." Dont acte. " Ce que nous portons, ce que nous mangeons, les produits que nous utilisons, la manière dont nous traitons les femmes, dont nous nous traitons, dont nous mourons... Je crois sincèrement que la masculinité est partie d'une pratique culturelle pour finalement devenir une maladie", commentait le chanteur Joe Talbot lors de la sortie, il y a quelques semaines, du single Samaritans. Produit par Space alias Paul Frazer et mixé par Adam Greenspan et Nick Launay (Arcade Fire, Yeah Yeahs Yeahs, Kate Bush), Joy as an Act of Resistance s'attaque à la virilité outrancière, aux inégalités sociales, au nationalisme... Un titre comme Danny Nedelko est même un hymne pro-immigration inspiré par un de leurs potes ukrainiens (celui qu'on voit dans le clip avec un t-shirt No One Is an Island). Guitares incisives, chant scandé, gueulé, gerbé... Ce deuxième album est un brûlot. Les Black Lips d'Atlanta ont inventé le flower punk, Idles le décline dans sa version britannique et politique... Une ode sauvage à l'amour, à l'écoute de l'autre et à la compréhension mutuelle. Un coup de pied dans les couilles pour sceller les liens. Douze claques dans la gueule pour réveiller la fraternité. Le déchirant June, qui rappelle la tragique disparition à la naissance de la fille de Talbot, est la seule accalmie dans cette tempête électrique. Never Fight a Man with a Perm joue avec les paroles de These Boots Are Made for Walkin' en mode post-punk. Television et Love Song sont le genre de trucs qu'on écoute en balançant sa bière en l'air aux concerts. Comme disait le Jésus des Inconnus: vous allez finir par vous aimer les uns les autres, bordel de merde?