Certains vont adorer, d'autres vont détester. Quoi? La soupe opéra de Damon Albarn? L'ego trip de Damien Hirst à Londres? Non, la couverture du Focus de cette semaine... C'est le risque quand on prend quelques libertés avec les règles de bienséance graphique. Pas de titre, un logo flouté, une image hautement pixellisée... C'est clair, on est loin des Unes meringuées de Point de vue. Si ce n'est pas dans nos habitudes de commenter/décrypter la vitrine du magazine, celle-ci mérite quand même un petit mot ...

Certains vont adorer, d'autres vont détester. Quoi? La soupe opéra de Damon Albarn? L'ego trip de Damien Hirst à Londres? Non, la couverture du Focus de cette semaine... C'est le risque quand on prend quelques libertés avec les règles de bienséance graphique. Pas de titre, un logo flouté, une image hautement pixellisée... C'est clair, on est loin des Unes meringuées de Point de vue. Si ce n'est pas dans nos habitudes de commenter/décrypter la vitrine du magazine, celle-ci mérite quand même un petit mot d'explication, qui aidera peut-être les rétifs au désordre visuel à avaler la pilule colorée... Tout a commencé la semaine dernière avec une "invasion" typographique -tolérée et même encouragée- par le street artiste Invader dans nos colonnes. Porté par cet esprit commando typique du graffiti, le Français masqué y avait substitué tous les A des titres et chapeaux par son fameux space invader. Faisant du coup de Focus le prolongement autant que le complice de son insémina-tion artistique à grande échelle. Les initiés auront eu le bonheur d'avoir entre les mains une pièce de collection, les autres auront participé sans le savoir à une forme de happening de haut vol. Car Invader, pour ceux qui en connaissent un rayon vide sur la culture urbaine, c'est le top du top. Venu d'une galaxie pas si éloignée, les eighties, il dissémine aux quatre coins du monde ses mosaïques de carrelages inspirées de jeux vidéo cultes des années Atari. Marathonien de l'art urbain actif depuis plus de dix ans, son compteur affiche 2735 "installations" (moins les dizaines arrachées par des fans). Une démarche globale, à haute valeur médiatique et axée sur le détournement d'un symbole majeur de la culture populaire, qui le situe dans la lignée d'un Andy Warhol. Quand on a appris que l'extraterrestre faisait escale à Bruxelles pour une expo et une invasion en règle de la capitale (une quarantaine de pièces posées), on n'a pas hésité longtemps à le contacter pour lui proposer de mettre son nez dans nos affaires. Après l'invasion du numéro Matt Damon, place à l'interview ( lire page 8). Avec en prime, cette couverture sur mesure et surréaliste entièrement réalisée en Rubik's Cube. Pour convaincre les derniers sceptiques, c'est un peu comme si à la fin du XIXe siècle, on avait demandé à l'underground Van Gogh de réaliser notre couverture. Gardez-là précieusement dans un coffre. Un jour, elle vaudra des millions... l RETROUVEZ LA CHRONIQUE SUR LES SÉRIES TÉLÉ DE MYRIAM LEROY, TOUS LES JEUDIS À 8H45, SUR pure fm. PAR LAURENT RAPHAËL.