La photo: on ne voit d'abord que le centre de l'image occupée par une femme debout de dos, cadrée juste au-dessus des reins. Pour compléter sa nudité, des chaussures à talons moyennement hauts et un porte-jarretelles. Ce qui frappe évidemment, ce sont les fesses tournées vers l'objectif. Avec une généreuse couche de cellulite en guise de signature. A droite, un homme couché sur un lit a le bedon orienté vers la dame. Comme pour celle-ci, le visage, donc l'identité, pas plus que le sexe, n'est pour l'instant exhibé. Le couple-galipette est l'objet de l'attention d'un second monsieur, lui habillé, caméra vidéo en main, le regard ...

La photo: on ne voit d'abord que le centre de l'image occupée par une femme debout de dos, cadrée juste au-dessus des reins. Pour compléter sa nudité, des chaussures à talons moyennement hauts et un porte-jarretelles. Ce qui frappe évidemment, ce sont les fesses tournées vers l'objectif. Avec une généreuse couche de cellulite en guise de signature. A droite, un homme couché sur un lit a le bedon orienté vers la dame. Comme pour celle-ci, le visage, donc l'identité, pas plus que le sexe, n'est pour l'instant exhibé. Le couple-galipette est l'objet de l'attention d'un second monsieur, lui habillé, caméra vidéo en main, le regard à hauteur des privautés de madame. Le professionnel du trio. Le reste du décor confirme une chambre éclairée pour un tournage: on devine un spot dans le reflet de la peinture murale face à nous, bout de mer tropicale à la tombée du jour. Le genre de poster qui fout habituellement le cafard dans les motels. Si cette image est la métaphore de quelque chose qui n'est pas de prime jeunesse, c'est bien la quintessence d'un porno bonne franquette/ bonne zézette. Voire une mise en scène voyeuriste à usage privé, aussi sexy qu'une déclaration TVA. Au naturel, la jeune photographe anversoise responsable de cette série, Liza Van der Stock (1991), ressemble à une grande biche blonde neutre. Cette Flamande qui termine seulement en juin ses études à Gand est présente aux Sony Awards, via sa série Paradise Lust, immersion dans la pornographie locale. "Il y a trois ans, pour l'école, je cherchais un sujet lorsque, dans une foire érotique, je suis tombée sur ce couple flamand, Laura et Maurice, qui faisait des films pornos chez eux. Je leur ai demandé si je pouvais les photographier et ils ont accepté." Liza se retrouve donc régulièrement au domicile de ces quadras de la province d'Anvers à saisir le minou et le kiki en action, avec les voisins et les copains comme "figurants". Le domicile conjugal au premier est privé: Eva, leur fille de neuf ans y est tenue à l'écart de l'action "parce qu'ils sont de bons parents, même s'ils lui ont expliqué dans les grandes lignes ce qu'ils faisaient". Le terrain de jeu est au rez-de-chaussée mais la famille finira quand même par déménager dans une plus grande maison, histoire de tenir fifille vraiment à l'écart. Sur certaines images, on voit librement le visage des entrepreneurs et de leurs invités partouzeurs. "Ils font cela depuis dix-quinze ans, explique Liza, et dès le début, je leur ai montré les photos que je prenais en toute liberté. Ils étaient très encourageants et m'ont immédiatement soutenue." Liza, parce qu'elle "veut aussi montrer la vie ordinaire", photographie le couple qui ne gagne pas sa croûte avec le seul porno "dans le quotidien comme le petit déjeuner ou la préparation du repas, les relations normales quoi". La série a jusqu'ici été vendue à des sites Internet ainsi qu'aux quotidiens belge De Morgenet hollandais De Volkskrant.Liza espère que sa troisième place dans la catégorie Peopleaux Sony Awards lui permettra de dépasser la seule notoriété du Benelux. Comme si ce sexe-là, au fond, n'avait rien de si particulier. HTTP://WWW.LIZAVANDERSTOCK.COM PH.C.