Pone
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Pone "Radiant" 7 DISTRIBUÉ PAR SONY. La vérité est dans les commentaires YouTube. Morceaux choisis parmi les messages laissés en-dessous de la vidéo de Heart Swing, de DJ Pone: "Merci Orelsan de nous l'avoir fait découvrir" ou encore le définitif: "Super son! Tu devrais penser à le vendre sur Bandcamp, c'est une super plateforme!"? DJ Pone, quasi 20 ans dans le métier, se marre: "L'autre jour, un gamin est arrivé, il devait avoir 18 piges à tout casser. Il est venu me dire: "Je t'ai vu sur scène, vraiment t'es bon, faut pas que tu lâches!"" Pas de moquerie pour autant envers les "millenials". "C'est normal! Il y a toute une génération qui n'a pas l'âge d'avoir pu suivre, par exemple, tout mon boulot dans le hip hop. Il n'y a pas grand-chose sur le Net: on peut peut-être y trouver 7 % de ce que j'ai produit." On précise: DJ Pone, Thomas Parent dans le civil, n'a pas 110 ans. Il en a 38... "Oui, d'accord. Mais, par ailleurs, je ne suis pas très actif sur les réseaux sociaux. Dans l'ensemble des projets auxquels j'ai pu participer, je me suis toujours débrouillé pour rester un peu dans l'ombre."Ce n'est pas faux. Qu'il soit passé dans les Svinkels, aie joué les DJ's de luxe chez les Casseurs Flowters ou fondé le collectif de turntablists Birdy Nam Nam, Pone a toujours préféré rester planqué. En fait, il a fallu attendre 2014 pour que cet ancien champion du monde de deejaying (au début des années 2000) sorte un premier EP à son nom (Erratic Impulses), suivi d'un premier album sous le nom de Sarh, duo formé avec le chanteur du groupe Stuck in the Sound. Le projet, plutôt pop, donnait déjà quelques indices de la piste suivie par Pone. Loin des fracas hip hop/électro expérimentés avec Birdy Nam Nam, le DJ entendait creuser une veine plus posée. Voire carrément mélancolique. C'est en tout cas l'impression laissée par Radiant, disque aux mélodies cotonneuses qui, s'il multiplie les clins d'oeil à ses premières amours hip hop (le sample de Mobb Deep sur MFC), et hormis l'une ou l'autre exception (Discontinuity), navigue en eaux étonnamment calmes. "Au départ, je suis plutôt quelqu'un de posé. Je comprends qu'on ait toujours eu une certaine image de moi, à cause des différents projets dans lesquels j'ai évolué. Mais si tu réécoutes le tout premier morceau que j'ai sorti, My Definition, en 98, c'était déjà très downtempo."Pour Radiant, Pone s'est adjoint les services de Superpoze, alias Gabriel Legeleux, jeune producteur de 24 ans, emblématique de la nouvelle génération électronique française, portée sur une techno très mélodique. "J'avais besoin de quelqu'un qui me pousse plus loin dans les compositions." En sachant que la couleur du disque était déjà définie au départ. "Je vivais aussi un truc très compliqué dans ma vie privée. J'avais besoin de faire un disque qui me sorte de ça, qui puisse m'amener vers quelque chose de plus positif. Je ne voulais pas d'une musique compliquée, ni agressive, ou trop rentre-dedans. En général, je crois qu'on est dans une époque qui comporte déjà son lot de tensions et d'angoisses au quotidien." Pas besoin en effet d'en rajouter... EN CONCERT LE 27/01, AU BOTANIQUE, BRUXELLES. EGALEMENT EN DJ SET, LE 11/11, AU CADRAN, LIÈGE (AVEC AUSSI CUT KILLER, 2 BAL 2 NEG, ETC). LAURENT HOEBRECHTS