Show Me A Hero
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Show Me A Hero UNE SÉRIE HBO CRÉÉE PAR DAVID SIMON. AVEC OSCAR ISAAC, CATHERINE KEENER, WINONA RYDER. UN COFFRET 2 DVD. DIST: WARNER. 8 Pour qui s'intéresse un minimum à l'univers enchanteur de la série moderne, Show Me A Hero offrait des perspectives plus alléchantes les unes que les autres. A commencer par sa tête pensante, la légende David Simon qui, de The Wire à Treme, en passant par The Corner ou Generation Kill, a toujours eu l'élégance de ne rien rater dans sa carrière. Et de nous gratifier de quelques-unes des séries les plus denses de ce siècle. Autre produit d'appel pour cette nouvelle plume au chapeau d'HBO: son acteur principal, Oscar Isaac, en pleine bourre hollywoodienne, notamment grâce à sa présence au générique du nouveau Star Wars. A l'instar de David Simon, on peine à trouver dans la trajectoire récente d'Isaac, entre Inside Llewin Davis, A Most Violent Year ou Ex-Machina, la moindre trace de faux pas. Prometteur donc. Pour ne rien gâcher, c'est à l'oscarisé Paul Haggis (Crash) que l'on a confié la caméra de cette mini-série en six épisodes dont la thématique, hautement politique et sociologique, valait elle aussi son pesant de curiosité. Partant d'une histoire vraie, Simon décrit l'incroyable bras de fer entre la Justice et les habitants de la ville de Yonkers (non loin de New York), épaulés par leurs représentants politiques: refusant obstinément l'idée que l'on puisse intégrer de nouveaux logements sociaux (avec tous les habitants pauvres et noirs que ces implantations impliquent) dans cette cité très petite bourgeoise, ils vont mener, avec l'aide de la ville dans un premier temps, un combat perdu d'avance. Show Me A Hero suit en particulier l'ascension d'un élu local, le jeune Nick Wasicsko (Oscar Isaac). Lequel, une fois l'écharpe de maire vissée au poitrail, va devoir faire face à un sacré dilemme: satisfaire la minorité (très) active qui rejette vigoureusement l'arrivée de pauvres à Yonkers, ou se mettre en ordre avec la Justice, qui menace de ruiner la ville si elle ne se plie pas à sa décision. Un jeu d'équilibriste dans lequel Wasicsko va s'engager à ses risques et périls... On attendait monts et merveilles de Show Me A Hero. On aura eu les monts, peut-être moins les merveilles. Solide, qualitative, portée par un scénario dense et une interprétation magistrale (Oscar Isaac est costaud, comme le reste du casting d'ailleurs, Catherine Keener en tête), la série pêche simplement par un déséquilibre entre son intrigue politique principale, absolument captivante, et les incursions moins incarnées dans la vie des cités pauvres concernées par la relocalisation -la force de The Wire était justement là, dans le soin apporté à la description des différents univers, policiers et criminels. Cela posé, gardons en tête que Show Me A Hero, portée par les chansons de Springsteen, se révèle naturellement plus intéressante que 95 % des productions actuelles. GUY VERSTRAETEN