En 2005, Nick Flynn se voit attribuer le prix PEN, organisation littéraire de défense des droits de l'homme ultra cotée aux USA, pour son livre Encore une nuit de merde dans cette ville pourrie (Éditions Folio) , récit autobiographique poignant dans lequel il tentait de recoller les lambeaux affectifs avec un père alcoolique, écrivain à la manque devenu braqueur de banques puis SDF. Manière aussi de dessiner l'arc heurté d'une Amérique sociale boîteuse. Au Lincoln Center à New York le soir du prix, un autre auteur est récompensé ex-aequo. Les deux hommes se congratulent avec chaleur sous les flashs crépitants. Nick Flynn ne connait pas Sam Harris, mais une fois rentré chez lui, il compulse son bouquin pour constater qu'il s'agit pour partie d'un traité justifiant la torture. A l'époque, dans l'Amérique de George W. Bush, tous les journaux font encore leur une des clichés dégouttant des humiliations imposées par l'armée américaine aux détenus de prisons iraquiennes. " Il y a eu Abu Ghraib, puis cette poignée de mains entre Harris et moi juste après, nous raconte Flynn dans l'hôtel parisien où il est des...