En se basant sur le pitch, qui aurait parié sur un spectacle parlant en long et en large de... l'orthographe? Mené qui plus est non par des acteurs professionnels, mais par des profs, en l'occurrence Arnaud Hoedt et Jérôme Piron. Et pourtant. Créé en forme courte en 2015 et en forme longue (une petite heure) l'année suivante, La Convi...

En se basant sur le pitch, qui aurait parié sur un spectacle parlant en long et en large de... l'orthographe? Mené qui plus est non par des acteurs professionnels, mais par des profs, en l'occurrence Arnaud Hoedt et Jérôme Piron. Et pourtant. Créé en forme courte en 2015 et en forme longue (une petite heure) l'année suivante, La Convivialité n'a pas cessé de tourner, aux quatre coins de la Fédération Wallonie-Bruxelles, mais aussi largement en France, et jusqu'au Festival d'Avignon, où il a séduit les foules. En détaillant avec humour les racines historiques de l'accord du participe passé avec l'auxiliaire avoir si le complément direct est placé avant le verbe, ou dressant, projection vidéo à l'appui, le relevé des multiples manières d'écrire le son "è" en français. " Nos études de linguistique nous ont appris que la norme orthographique française est très souvent arbitraire et pleine d'absurdités. Nous avons tenté de le dire", clament les deux enseignants, qui prônent sur scène la souplesse contre la rigidité, l'horizontalité contre la verticalité, la participation contre l'oppression et l'imagination contre les règles. Comme le suggère l'affiche simplissime du spectacle (un marteau de charpentier), l'orthographe est un outil. Un outil derrière lequel se cachent de lourds enjeux politiques et sociaux, un instrument de distinction. Un marteau pour écraser ou pour construire? Telle est la question, qui résonne fortement en ce mois anniversaire de Mai 68.