La force de Star Wars se fane, doucement. Après une première trilogie cinématographique bouclée en 1983, sa quasi-absence des écrans alimentait son aura. Fomenté par un Disney que rien ne semble arrêter, le déluge de spin-offs et de suites dilue aujourd'hui son essence. Les récents The Mandalorian sur la plateforme Disney+ et L'Ascension de Skywalker en salles complètent ainsi une année 2019 également zébrée d'une série d'animation ( Resistance), de comics et de livres. Derrière les joypads, Star Wars Jedi: Fallen Order empire l'embouteillage de sabres lasers en cette fin de décennie. Surprise générale: cette odyssée supp...

La force de Star Wars se fane, doucement. Après une première trilogie cinématographique bouclée en 1983, sa quasi-absence des écrans alimentait son aura. Fomenté par un Disney que rien ne semble arrêter, le déluge de spin-offs et de suites dilue aujourd'hui son essence. Les récents The Mandalorian sur la plateforme Disney+ et L'Ascension de Skywalker en salles complètent ainsi une année 2019 également zébrée d'une série d'animation ( Resistance), de comics et de livres. Derrière les joypads, Star Wars Jedi: Fallen Order empire l'embouteillage de sabres lasers en cette fin de décennie. Surprise générale: cette odyssée supplémentaire est loin d'être inintéressante. Les influences ludiques de Fallen Order ne réinventent pas la grande roue du gaming. Entre combats, plateforme et puzzle, Respawn Entertainment pille le gameplay pyramidal de Tomb Raider. Se laisser glisser sur une pente gelée puis attraper in extremis une liane surplombant un gouffre, s'agripper à une corniche après avoir escaladé une paroi de lierre, déplacer un trio de boules géantes sur divers interrupteurs en jouant avec des courants d'air: l'impression que Lara Croft va débouler domine les salles abandonnées des temples mystiques du jeu. Suivant la montée en puissance de Cal Kestis, un jeune Jedi évoluant entre les épisodes III et IV de la saga, Fallen Order n'a aucun intérêt narratif. Mais il a l'intelligence d'adosser ses phases de combat à l'emblématique Dark Souls. Inutile de marteler la touche attaque pour s'en sortir: face aux techniques de combats rapprochées d'un inquisiteur de l'Empire, gérer le bon moment de sa garde puis de sa riposte est vital. Jongler en un quart de seconde entre esquives, soins et pouvoirs télékinétiques jubilatoires est épique. Ces bonnes sensations au sabre virevoltent donc loin d'un Star Wars, épisode I: La Menace fantôme sur la première PlayStation. Respawn Entertainment varie le rythme de son aventure avec maestria. Qu'il s'agisse de brièvement piloter un quadripède géant de l'Empire ou de jouer au tennis en renvoyant des tirs adverses avec son sabre laser, l'ex-studio d'Activision qui a travaillé sur Call of Duty sait y faire. Son usage -toujours limité- de la force se traduit en outre par un gameplay qui fait sens. Le temps ralentit contre des adversaires et sur des plateformes mobiles. BD-1, l'irrésistible mini-robot épaulant le joueur cliquette, lui, comme un couteau suisse. Coriace avec le joueur, même en mode normal, Fallen Order pratique d'ailleurs l'art du fan service avec talent. On flippe lors d'un duel face à un walker bipède. Impossible de ne pas sourire en tombant face à une version maléfique de R2-D2. Jonglant tour à tour entre des univers minéraux, organiques, industriels, claustrophobes et gigantesques, le jeu californien exhale un parfum de vieux Tomb Raider. Ses bugs forcent parfois à recommencer un demi-boss éreintant. Sa caméra devient de temps à autre folle en combat. Mais on l'aime, c'est comme ça.