On a rarement entendu des théâtres nous dire: " Jusqu'ici tout va bien. " Ainsi, à Bruxelles, l'Atelier 210 cherche 10 "parrains" à 10 000 euros et demande une "convention" de 200 000 euros à la Communauté française tandis que le Rideau de Bruxelles, épuisé par Bozar, cherche un lieu stable. Sur le pas des "anciens" (comme le Varia par exemple), l'Atelier 210 a été créé en 2005, à l'arrachée, pour accueillir une programmation mixte, théâtre et musique, avec un public enthous...

On a rarement entendu des théâtres nous dire: " Jusqu'ici tout va bien. " Ainsi, à Bruxelles, l'Atelier 210 cherche 10 "parrains" à 10 000 euros et demande une "convention" de 200 000 euros à la Communauté française tandis que le Rideau de Bruxelles, épuisé par Bozar, cherche un lieu stable. Sur le pas des "anciens" (comme le Varia par exemple), l'Atelier 210 a été créé en 2005, à l'arrachée, pour accueillir une programmation mixte, théâtre et musique, avec un public enthousiaste. Pas de bol, suite aux conclusions des Etats généraux de la culture, en 2005, la Ministre Fadila Laanan a lancé un "moratoire" (document introuvable), genre "pas de sous pour de nouveaux théâtres à Bruxelles". La priorité: renforcer les structures existantes qui doivent s'ouvrir aux nouveaux artistes, aux nouvelles formes. Cette cohérence politique (qui profite aussi à des théâtres moribonds, disent certains) nous semble rigide pour l'Atelier 210, un lieu qui a pris le pouls de son époque avec une programmation transdisciplinaire où, comme rarement, les jeunes -amateurs de concerts ou de théâtre- peuvent se croiser. " Dans son identité, explique Benoit Roland, directeur bénévole, l'Atelier 210 fonctionne très bien mais galère financièrement. La Communauté française nous octroie 27 000 euros pour les concerts, des aides pour du matos et annonce un soutien de 60 000 pour le théâtre, comme "structure d'accompagnement" des artistes. Une convention de 200 000 euros nous stabiliserait mais pour cela il faut arrêter de nous considérer, après 6 ans, comme un "nouveau lieu", visé par le fameux moratoire. " Un "moratoire" invisible comme le monstre du Loch Ness dont tout le monde parle et que personne n'a lu! Du côté du Rideau de Bruxelles, on a l'impression que le branché Bozar a poussé ce théâtre de textes vers la sortie. "On avait un contrat de collaboration de 30 ans, avec Bozar, explique le directeur Michaël Delaunoy. Mais avec le nouveau projet dynamique de Paul Dujardin au Bozar, on est passés de 2 salles à une seule, inconfortable et reculée. Bref, depuis 2009, on était semi nomades, accueillis dans divers lieux. La saison prochaine, on sera complètement nomades, avec nos spectacles visibles au Kriekelaar, au Varia, à l'Atelier 210, au Marni... Des négociations politiques sont en cours pour trouver un lieu stable pour 2013. Ça devient intenable. " La magie du spectacle nous fait souvent oublier que la culture (et le théâtre) sont aussi un casse-tête politique. l N.A.