La console de papa est-elle une espèce menacée? En signant un come-back spectaculaire depuis cette rentrée, le cloud gaming et le modèle à la Netflix qui l'accompagne parfois répondent par l'affirmative. Le lancement en septembre dernier du Uplay Plus d'Ubisoft, l'arrivée du Stadia de Google ce 19 novembre et les préparatifs très concrets du Project xCloud de Xbox ont d'ailleurs poussé le PlayStation Now à réagir. Élève modèle du streaming de jeu vidéo, ce service s'ouvre désormais aux blockbusters et diminue sérieusement ses tarifs. Le bon plan?

Le principe du cloud gaming n'a rien de complexe. Les données et le matériel informatique utilisés pour faire tourner un jeu ne se trouvent plus à la maison mais sur des serveurs à distance. Comme une vidéo YouTube, le jeu est alors streamé en direct sur un terminal connecté. Le nombre de plateformes jouables explose car l'obligation de puissance graphique s'efface. En pratique, deux approches de cloud gaming sont pour le moment envisagées par le secteur.

Adoptée par Stadia, par Shadow et en préparation sur le GeForce Now de NVidia, la première approche offre un accès à un PC virtuel sur lequel le gamer installe des jeux qu'il achète sur des magasins en ligne (Steam ou Epic Games Store). Seconde formule: un cloud gaming en mode "all you can play". Populaire au Japon sur la Switch de Nintendo, ce modèle devient aujourd'hui financièrement très intéressant chez Sony. Son PlayStation Now vient en effet de baisser ses tarifs de 15 à 10 euros par mois et de 100 à 60 euros par an. Le tout en ajoutant le dernier God of War, Grand Theft Auto V, Uncharted 4 et inFAMOUS: Second Son.

Des joypads dans les nuages

Cette ligne éditoriale semble diriger le service, jusqu'ici limité à des double A (des jeux à moyens budgets) âgés de plusieurs années, vers des blockbusters haut de gamme. Manette en mains, le PS Now et son catalogue de plus de 800 titres jouables instantanément en streaming impressionnent. Aventure, stratégie, shooter, baston, course, horreur, plateforme... Une quinzaine de gameplays renvoient vers Mortal Kombat X, Battlefield 4, Limbo, Doom (le reboot) ou encore Civilization Revolution. Last but not least, le tout est jouable sur un PC Windows, avec le même compte!

La vitesse de la connexion Web que l'on conseillera à 10 Mbps pour y jouer en 720 p et à 60 images/seconde influera sur la qualité de l'image. En cas de vieux Wi-Fi poussif, cette dernière se floute donc jusqu'à la bouillie de pixels. Le PlayStation Now suggère d'ailleurs de télécharger les jeux dans ce cas. Une opération qui enlève toutefois l'instantanéité magique du service de streaming.

Car sa force est bien là, dans cette capacité à lancer un obscur RPG japonais exotique ( Wild Arms 3, Atelier Ayesha...) que l'on n'aurait pas forcément testé s'il avait fallu l'acheter ou même le télécharger. Exit aussi les problèmes d'espace disponible sur le disque dur (avant installation) et les mises à jour désolantes. Le cloud gaming dans sa version all you can play renoue avec la sensation d'immédiateté du jeu vidéo originel. Un paradoxe vu qu'il tuera très certainement la console de jeu vidéo...

PlayStation Now