" Même si je sauve un bébé des flammes et que je passe à la télé, que j'ai une exposition médiatique soudaine, je ne vendrai toujours pas plus de disques. Parce que j'ai une musique de niche: pas besoin de battre ma coulpe, cet article ne sert à rien." Pierre Vervloesem sourit à peine. On est dans son studio etterbeekois, là où huit heures par jour, " dimanches et jours fériés compris", le musicien protéiforme, né en 1964, teste sa créativité en continu. Vingt-trois albums solo en un peu moins de 30 ans, une cinquantaine de sorties discographiques sous différentes formules, dont le récent Artiste belge. Un tour de force -Vervloesem a tout joué, produit et mixé- pareil à ces mouvements d'oiseaux qui, dans le ciel, changent brusquement de direction sans rompre la formation. Le disque sort sur Off, label de son copain Alain Lefebvre. " Il est moins question de remplir l'espace musical que de constater l'incroyable paresse dans tout ce qui se fait maintenant, explique Pierre. La plupart du temps, tu entends un début de morceau et tu en connais la fin. En plus, ils vont chanter des conneries: c'est triste et pauvre. Ce qui...