1 Le riverain

Il se repère assez facilement, circulant sur le terrain du festival, avec son tabouret de camping. Ayant souvent une soeur ou un oncle travaillant comme bénévole aux cuisines ou aux sanitaires, il a accès au VIP, mais préfère encore aller boire une chope sur le site, pour discuter le coup avec les jeunes festivaliers.
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Il se repère assez facilement, circulant sur le terrain du festival, avec son tabouret de camping. Ayant souvent une soeur ou un oncle travaillant comme bénévole aux cuisines ou aux sanitaires, il a accès au VIP, mais préfère encore aller boire une chope sur le site, pour discuter le coup avec les jeunes festivaliers. Un classique des grands rendez-vous de l'été. S'il passe la majorité de son temps sur le camping, le punk à chiens fait intégralement partie du folklore de Dour, affichant la crête colorée comme si l'on était encore en 1977. Attention: souvent français, il n'écoute pas forcément (que) du punk (il est souvent aussi branché reggae). Malgré l'étiquette indie rock du festival, les fans de hip-hop ont toujours été présents à Dour, pour assister par exemple aux concerts de Public Enemy, NTM, De La Soul, IAM, Starflam, etc. Casquette et sacoche en bandoulière, le hip-hop head 2018 vient désormais surtout pogoter devant les derniers cadors de la scène rap française et belge -Bruxelles arrive! Dreads sur la tête, marcel multicolore sur le dos, spliff aux lèvres, il a forcément tendance à squatter le dub corner. Il aime également tendre une corde d'acrobate entre deux arbres dans le sous-bois. Gare malgré tout aux spécimens les plus "enthousiastes", qui peuvent vite se transformer, selon leurs propres dires, en rois des "casse-couilles" (voir YouTube). T-shirt de groupe sur le dos, il a éventuellement laissé le perfecto au vestiaire, pour une tenue peut-être moins cool, mais plus confortable. Il est toujours curieux de voir l'une ou l'autre grosse machine sur la scène principale, mais est surtout avide de découvertes. Il est aussi un des seuls qui aura VRAIMENT étudié le programme avant de venir. Cheveux longs, t-shirt noir de métalleux et tatouages imposants, il pleure encore la disparition de la Cannibal Stage. Soit. Aujourd'hui, il traîne principalement du côté de la Caverne et attend toujours avec la même impatience que Pompon n'introduise au micro la dernière découverte doom metal du festival (cette année, les Italiens d'Ufomammut, par exemple). Intéressé par tout, mais passionné par rien, il n'a pas attendu de connaître l'affiche pour prendre son ticket. Pour tout dire, il vient avant tout pour passer cinq jours avec ses potes au camping, et se balader éventuellement entre les scènes. Bob sur la tête, claquettes au pied, on le surnomme encore le... Douriste (désolé).Quadra bien entamé, il est là depuis le début, n'a loupé quasi aucune des 30 éditions. Depuis quelques années, il a tout de même abandonné définitivement le camping quatre jours. Mais il trouve toujours l'une ou l'autre tête d'affiche pour lui donner le prétexte de venir prendre une bière sur le terrain du festival. Loin des extravagances bling bling à la Tomorrowland/Ibiza, le raver porte casquette et anorak large vintage fluo. À Dour, il squatte forcément la scène Redbull Elektropedia Balzaal, et son marathon techno. Sous l'impressionnante cathédrale de pylônes, il danse des heures durant, et ce dès le milieu de l'après-midi.