Chaque nouveau livre d'Emanuele Coccia est une fête. Cette fête, c'est autant celle de la pensée que de l'écriture -une fête qui renoue avec ce que la philosophie devrait toujours être. La parution de Philosophie de la maison est d'autant plus source de réjouissance que, pour la première fois depu...

Chaque nouveau livre d'Emanuele Coccia est une fête. Cette fête, c'est autant celle de la pensée que de l'écriture -une fête qui renoue avec ce que la philosophie devrait toujours être. La parution de Philosophie de la maison est d'autant plus source de réjouissance que, pour la première fois depuis plusieurs années, Coccia l'a écrit en italien, et non directement en français. Or il y a dans l'italien de Coccia, traduit avec élégance par Léo Texier, un équilibre, une balance, une musique qui fait de lui un des grands stylistes de la langue. Lorsque le sujet d'un livre s'avère aussi intime (ou aussi cosmique) que celui de la maison, ce sens de la danse des mots s'avère d'autant plus important: avec la phrase du philosophe, c'est aussi l'expérience qu'il propose de la maison que l'on peut ressentir. Voyage, donc, dans les mille et une formes que peut prendre la maison dans une existence humaine (ou même non- humaine), Philosophie de la maison est aussi le manifeste pour une pensée qui réussisse enfin à se détacher de la fiction qui en a gouverné l'Histoire jusqu'à ce jour: celle de la ville. Depuis les origines de la philosophie, celle-ci s'est donnée comme une activité prétendument urbaine, en phase avec son développement, son architecture, sa morale. Mais rien n'est moins vrai. Partout, tout le temps, la vraie question a été: comment faire pour se construire une maison? Essentiel.