Découvert en toute confidentialité à la Semaine de la Critique cannoise en 2017, Petit paysan aura connu une fulgurante carrière en salles, rencontrant son public au-delà de toute espérance pour glaner à l'arrivée plus de 500 000 entrées(!) rien qu'en France avant de rafler trois César majeur...

Découvert en toute confidentialité à la Semaine de la Critique cannoise en 2017, Petit paysan aura connu une fulgurante carrière en salles, rencontrant son public au-delà de toute espérance pour glaner à l'arrivée plus de 500 000 entrées(!) rien qu'en France avant de rafler trois César majeurs -meilleur premier film, meilleur acteur pour Swann Arlaud, meilleur actrice dans un second rôle pour Sara Giraudeau. Que dire sinon que ce triomphe -n'ayons pas peur des mots- est mille fois mérité. Son réalisateur, le jeune Champenois Hubert Charuel, a bien failli devenir agriculteur comme ses parents avant d'opter pour le cinéma. Petit paysan le voit évoluer à la croisée des chemins puisqu'il y investit la ferme familiale afin de raconter le combat désespéré d'un éleveur de vaches laitières obsédé par le mal invisible qui ronge son troupeau. Rivé aux bottes de cette figure éminemment solitaire à la dévotion proche du sacerdoce, il puise dans le cinéma de genre matière à dépasser le simple naturalisme pour emmener ce magistral coup d'essai sur le terrain peu arpenté du drame rural halluciné. Pas le moindre des tours de force de ce thriller psychologique sec et tendu comme une trique, travaillant avec une sidérante limpidité des motifs aussi complexes à mettre en forme que la contamination ou l'écroulement symbolique d'un monde. Pas de supplément DVD.