Cette installation multiple qui s'apparente à du land art ne pouvait pas mieux tomber. Disséminée en extérieur à travers différents lieux bruxellois, Peaceful Parasites échappe au verrouillage culturel actuel. C'est une bonne nouvelle pour l'esthète promeneur qui souhaite exercer son regard... et ses jambes. On lui recommande chaudement d'accomplir ce périple à vélo, profitant de l'un de ces soleils automnaux propices au rec...

Cette installation multiple qui s'apparente à du land art ne pouvait pas mieux tomber. Disséminée en extérieur à travers différents lieux bruxellois, Peaceful Parasites échappe au verrouillage culturel actuel. C'est une bonne nouvelle pour l'esthète promeneur qui souhaite exercer son regard... et ses jambes. On lui recommande chaudement d'accomplir ce périple à vélo, profitant de l'un de ces soleils automnaux propices au recueillement. À la suite d'un voyage en Islande, Franck Sarfati (Paris, 1973) fait l'expérience troublante d'une nature immersive. Celle-ci le pousse à s'intéresser au phénomène du "parasite", organisme fascinant dont la mauvaise réputation entache le génie. Cette thématique l'incite à imaginer des micro-sculptures en porcelaine de Limoges. Inspiré, il imagine de les faire proliférer dans huit parcs, squares ou jardins de cinq communes bruxelloises. Le tout pour une géographie intimiste qui se découvre à la façon d'un jeu de piste visuel. Pour s'être arrêté dans quatre des huit stations proposées, on ne peut que louer cette proposition aussi peu impérialiste qu'émouvante. C'est au cimetière du Dieweg que l'on a débuté la découverte. Sarfati y a investi le "Carré des enfants", périmètre douloureux situé dans le fond, à droite, de cette magnifique enceinte dédiée au repos éternel. Là où il est question d'anges beaucoup trop vite envolés et de tombes ressemblant à des boîtes d'allumettes de pierre, l'artiste a fixé ses créations à même l'écorce de vivants piliers muets -on notera qu'il utilise un procédé naturel et totalement biodégradable pour le faire. Bouleversant. Place Guy d'Arezzo, les formats variés jouxtent les nids impressionnants de ces oiseaux reterritorialisés que sont les perruches à collier. Au parc Pierre Jadot, ces fins reliefs enregistrent les cris des enfants, bien vivants cette fois. Enfin, square du Souvenir, ils nous invitent à ne jamais oublier d'ouvrir l'oeil car, pour leur malheur, ils seront nombreux à ignorer ces interventions inframinces à la délicatesse exquise.