Cela fait près de 20 ans que vous avez débuté votre carrière. Comment avez-vous vu changer l'Afrique?

Le continent évolue. Même ici, au Congo, des choses se font, qui étaient impossibles il y a 20 ans. On peut s'exprimer un peu plus facilement, par exemple. Du temps de Mobutu, on vous enlevait la nuit, et le lendemain matin on vous retrouvait dans une tombe... Vous savez, cela fait à peine 50 ans que la plupart des Etats africains sont indépendants. C'e...

Le continent évolue. Même ici, au Congo, des choses se font, qui étaient impossibles il y a 20 ans. On peut s'exprimer un peu plus facilement, par exemple. Du temps de Mobutu, on vous enlevait la nuit, et le lendemain matin on vous retrouvait dans une tombe... Vous savez, cela fait à peine 50 ans que la plupart des Etats africains sont indépendants. C'est très court. En Europe aussi, tout ne s'est pas fait en un jour. Et puis nous venons de loin: 400 ans d'esclavage, la colonisation... Cela laisse des traces. Encore aujourd'hui, je le ressens dans le comportement de certains de mes compatriotes, qui se sentent encore sous-hommes. Cela va prendre du temps pour effacer ces séquelles. Mais je suis confiant. Quand la majorité des Africains sauront lire et écrire, le continent décollera tout seul. Pas besoin de grigri pour ça! Le plus important est de rester optimiste. Et de ne compter que sur nous-mêmes. Personne ne viendra changer l'Afrique à notre place. L'unité. L'Afrique, ce sont 54 pays, des richesses inouïes... Mais l'Afrique est faible, parce qu'elle est divisée. Il faut que les Africains se mettent au-dessus des religions, des ethnies, des régions. Il s'agit de se rassembler et de regarder dans la même direction. Oui, car elle contribue à endormir les gens. On fait croire que c'est Dieu qui donne. Alors que Dieu pousse celui qui a envie de faire quelque chose. La réalité c'est que les leaders s'enrichissent, pendant que les populations s'appauvrissent... Mais cela s'est passé aussi en Europe. C'est une étape à traverser. A nouveau, c'est l'éducation qui va changer l'Afrique. Les gens pratiqueront évidemment toujours la religion. Mais avec recul et intelligence. TIKEN JAH FAKOLY SERA EN CONCERT LE 25/04, À L'ANCIENNE BELGIQUE, BRUXELLES.L.H.