Iggy Pop
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Iggy Pop "The Bowie Years" Distribué par Universal. 10 Pour beaucoup, c'est une évidence: ce qu'il y a de mieux dans Iggy Pop, c'est... David Bowie. Une nouvelle réédition vient alimenter cette théorie. Sous le titre The Bowie Years, elle tourne autour de ce qui reste les deux albums les plus célébrés de l'Iguane, The Idiot et Lust for Life. Évidemment, tout Bowie qui soit, il en fallait plus pour vampiriser Iggy Pop, qui n'avait pas quitté The Stooges pour se faire retourner la tête aussi facilement. Ce qui est vrai par contre, c'est qu'après leur collaboration, Iggy ne sera plus jamais le même. Dans un extrait d'une interview proposée dans la nouvelle réédition, il explique: "Artistiquement, on était tous les deux doués. Il avait d'excellentes idées, j'avais les miennes. Mais il possédait des connaissances auxquelles je n'avais jamais été exposé, venant des États-Unis. Comme ce qu'est l'expressionnisme, ou l'impressionnisme, ce qui s'est passé à Zurich avec Tristan Tzara et les dadaïstes. Il connaissait tout ça, comme il savait quel vin choisir à table, ou ce que pouvait bien être une foutue entrecôte!" En compagnie de Bowie, as de la transformation, James Newell Osterberg de son vrai nom, deviendra un crooner louche et vicelard. Un rôle qui marquera toute la suite de sa carrière Iggy Pop et Bowie se rencontrent au début des années 70. Mais ce n'est qu'en 1976 que le binôme va se former. L'Iguane est alors au fond du trou, miné par les drogues. Bowie, lui-même bien chargé, lui propose de venir le rejoindre sur la tournée de Station to Station. Dans la foulée, ils se retrouvent à enregistrer ce qui deviendra The Idiot. L'essentiel est engrangé au château d'Hérouville, au nord de Paris. Mais c'est bien Berlin qui suinte déjà par tous les microsillons de l'album. L'endroit fascine les deux musiciens, qui vont finir par y emménager. Ils y puisent à la fois la liberté d'une ville encore coupée en deux par le Mur, et son côté poisseux et décadent. En cela, The Idiot est un petit miracle de rock synthétique et torve, livrant des classiques comme China Girl, Nightclubbing, ou Funtime. Sur sa lancée, le binôme pondra Lust for Life. Paraissant moins de six mois plus tard, en août 1979, il démarre par le morceau-titre proposant l'une des intros les plus célèbres de l'Histoire du rock. Toujours oblique (The Passenger, Turn Blue), Lust for Life est toutefois moins désenchanté, plus lumineux, que son prédécesseur. Près de 40 ans après leur sortie, les deux albums restent intouchables. À cet égard, la réédition ne pouvait pas se planter. Ni apporter grand-chose de neuf. Outre les deux disques remasterisés, le box Deluxe propose un CD d'edits et de mix alternatifs. Quatre autres enregistrement scéniques datant de 1977, quand Bowie accompagnait le groupe d'Iggy Pop sur scène, viennent compléter le coffret -dont T.V. Eye déjà sorti en 1978 et une captation live londonienne au son passablement désastreux. De quoi titiller les fans les plus "hardcore", les autres pouvant se replier sans souci sur les simples rééditions Deluxe en deux CD, avec à chaque fois un live. Laurent Hoebrechts