C'est avec un grand déballage conceptuel que s'ouvre l'exposition consacrée par le Botanique au travail de Michel Mazzoni (1966). Un texte savamment articulé déroule l'artillerie lourde de l'argumentation. Un véritable Panzer idéel qui mitraille à tout vent, depuis la fameuse " image cristal" de Gilles Deleuze -qui ne peut plus se défendre- jusqu'à Mel Bochner, artiste américa...

C'est avec un grand déballage conceptuel que s'ouvre l'exposition consacrée par le Botanique au travail de Michel Mazzoni (1966). Un texte savamment articulé déroule l'artillerie lourde de l'argumentation. Un véritable Panzer idéel qui mitraille à tout vent, depuis la fameuse " image cristal" de Gilles Deleuze -qui ne peut plus se défendre- jusqu'à Mel Bochner, artiste américain se posant là en matière de considération théorique. C'est mal? Non mais c'est pesant et donne envie au visiteur de freiner des quatre fers. On peut formuler autrement ce propos. En clair, Mazzoni constate et, sans doute, regrette la prolifération actuelle des images. À la question de "comment continuer à en faire?", le plasticien propose une piste qui est aussi le titre de son "accro-décrochage", soit Other Things Visible. De fait, d'autres choses sont à voir, que l'intéressé se propose de nous montrer à la faveur d'une scénographie épurée logée dans un Museum transformé pour l'occasion en une sorte de "white cube". Ces images minérales s'interdisent le vivant mais s'autorisent toutes les manipulations possibles: disposition au sol, filtre coloré, compagnonnage avec des matériaux bruts, assemblages sophistiqués, panneaux accolés, luminaires adaptés... Bref, un travail sophistiqué d'édition et de mise en scène qui sacre une " gamme de gris dense, sourde et atemporelle", comme l'écrit avec justesse Christine Jamart à qui l'on doit l'appareil critique évoqué plus haut. L'impression qui domine est celle d'un manifeste cérébral doublé d'une tonalité sombre de type "cold wave" photographique. Le genre ne manque pas d'amateurs, ni de séduction -pour qui comme nous aime "toucher de l'oeil"- à condition de ne laisser entrer les dépressifs que munis d'un crucifix et d'un chapelet de gousses d'ail.