"Age Of"

À quoi peut bien ressembler une version "accessible", voire "mainstream" de Oneohtrix Point Never? Peut-être à Babylon, sorte de ballade aérienne qui tanguerait entre les élans folk d'un Bon Iver et les couches synthétiques de la BO de Bagdad Café. Daniel Lopatin, de son vrai n...

À quoi peut bien ressembler une version "accessible", voire "mainstream" de Oneohtrix Point Never? Peut-être à Babylon, sorte de ballade aérienne qui tanguerait entre les élans folk d'un Bon Iver et les couches synthétiques de la BO de Bagdad Café. Daniel Lopatin, de son vrai nom, ne réussira cependant jamais à faire tout à fait les choses comme tout le monde. Et c'est sans doute mieux comme cela. Bénéficiant d'une reconnaissance de plus en plus large, récompensé l'an dernier au festival de Cannes pour la musique du film Good Time (signé Benny et Josh Safdie), le musicien électronique américain, d'origine russe, aime trop les expérimentations et les sorties de route que pour rester longtemps sur la même bande. C'est encore et toujours le scénario proposé par Age Of, neuvième album du bonhomme (épaulé cette fois par James Blake à la production). Toys 2, par exemple, a beau être présenté comme sa version d'une musique de dessin animé Pixar, on voit mal comment la filiale Disney aurait pu s'accommoder de sa mélodie déstructurée. Juste avant, The Station est présentée comme une tentative de r'n'b, mais alors sans le miel, remplaçant le sexe terrestre par les rêveries spatiales. Comme souvent chez OPN, le parti pris expérimental pourrait faire peur. Avec Age Of, les recherches de Lopatin n'ont cependant jamais sonné de manière aussi fluide et organique.