"African Rhythms 1970-1982"

En 1971, convaincu que la musique n'est pas que divertissement, le saxophoniste James Branch crée à San Francisco le groupe Juju, dont les membres ont comme lui été embauchés sur le spectacle Resurrection of the Dead du dramaturge Marvin X. Avant-gardistes, contestataires et afro-centrés, ils prennent des noms africains pour rev...

En 1971, convaincu que la musique n'est pas que divertissement, le saxophoniste James Branch crée à San Francisco le groupe Juju, dont les membres ont comme lui été embauchés sur le spectacle Resurrection of the Dead du dramaturge Marvin X. Avant-gardistes, contestataires et afro-centrés, ils prennent des noms africains pour revendiquer leur lien à la terre mère à laquelle les Noirs américains ont été arrachés. Juju (qui signifie grigri et va jusqu'à qualifier la magie ouest-africaine) part s'installer à New York sur invitation d'Ornette Coleman et sort deux albums de jazz percussif. Plus tard, Branch, alias Plunky, réunit un nouveau band avec notamment la chanteuse Jacqueline Holoman. Avec Oneness of Juju, le propos reste militant et la lutte d'actualité mais la musique, elle, évolue. Le son jazz emprunte les sentiers groovy du funk, joue avec les percussions afro-cubaines, fricote avec le disco et ce qui deviendra bientôt le hip-hop. Psychédélique et festif, le groupe partage la scène avec Gil Scott-Heron, Funkadelic ou Kool and the Gang. À ne pas confondre avec son album African Rhythms sorti en 1975 sur le label Black Fire et récemment réédité par Strut, il est ici question d'une compilation vieille de quasiment 20 ans. African Rhythms 1970-1982 retrace un parcours métissé, dansant et politique. Depuis ses premiers travaux avec le jazzman sud-africain Ndikho Xaba jusqu'à son plus gros tube Every Way But Loose qui a fait chauffer les dancefloors londoniens. La compile, totalement remasterisée, s'accompagne de photos rares et d'une longue interview de son cerveau militant. Say it loud...