Passagère blonde, Ferrari rouge décapotable et palmiers vert plastique. En 1986, l' Outrun de Sega s'avalait comme une friandise acidulée. Pas de prise de tête. Mais près d'un quart de siècle plus tard, les courses automobiles sur asphalte font place à une sophistication aussi hétéroclite qu'étonnante. Arriver en premier et s'extasier devant des carrosseries 3D hyper réalistes ne suffit plus en 2010. Désormais, les titres sur bitume flirtent avec le jeu de rôle en ligne, jouent aux encyclopédies, développent des histoires en docu fiction et lancent des pouvoirs magiques.
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Passagère blonde, Ferrari rouge décapotable et palmiers vert plastique. En 1986, l' Outrun de Sega s'avalait comme une friandise acidulée. Pas de prise de tête. Mais près d'un quart de siècle plus tard, les courses automobiles sur asphalte font place à une sophistication aussi hétéroclite qu'étonnante. Arriver en premier et s'extasier devant des carrosseries 3D hyper réalistes ne suffit plus en 2010. Désormais, les titres sur bitume flirtent avec le jeu de rôle en ligne, jouent aux encyclopédies, développent des histoires en docu fiction et lancent des pouvoirs magiques. En septembre dernier, F1 2010 de Codemasters scénarisait ainsi la vie d'un jeune coureur de Formule 1. Interviews de journalistes, relation avec son agent, dialogues avec son mécano... Bien qu'embryonnaire et dérisoire, cette tentative d'histoire ancrée dans la saison officielle du championnat décoince les jeux de sport, habituellement rivés sur leur discipline et amputés de vision macro. Plus tôt dans l'année, Blur et Split/Secondprojetaient sur écran les idées noires de pas mal d'automobilistes: exploser les chauffards leur barrant le passage au fil de pouvoirs magiques hallucinés. A force de bolides adultes, le premier reprenait avec bonheur le mantra de Mario Kart en jetant aux mains du joueur une artillerie entre champ de force repoussant les adversaires et missiles à tête chercheuse. Split/Secondjouait de son côté la carte du cinéma hollywoodien catastrophe avec panache. Le titre de Disney Interactive Studios permettait en effet de balancer sur les pare-brise concurrents des éléments du décor de jeu entre paquebot en cale sèche et grue titanesque. On a jamais vu l'usine à Mickey si énervée. Egalement sur PC, Xbox 360 et PlayStation 3, Need for Speed: Hot Pursuit continuera le spectacle ce mois-ci en mode Flic contre Voyou dans de très grosses cylindrées capables -d'un côté comme de l'autre de la barrière- de coups bas. Brouillage de GPS chez les chauffards et soutien aérien pour la police. Gare à la tôle froissée et aux étincelles. La licence mal en point d'Electronic Arts pourrait renaître grâce au talent de Criterion, équipe responsable des Burnout. Les gameplays motorisés sur asphalte prennent donc doucement leur revanche face aux jeux tous-terrains squattant le haut de l'affiche ces dernières années. MotorStorm, Pure et autres Colin McRae: DiRT 2 bisquent: Test Drive Unlimited 2 grossira les rangs des jeux sur bitume au début 2011. Disparu des écrans depuis plus de 3 ans, ce terrain de jeu gigantesque sur PC, PlayStation 3 et Xbox 360 se parcourt librement comme un Grand Theft Auto au fil d'un réseau routier de 3000 kilomètres, complété de routes off road. Pas vraiment de changement depuis les premiers épisodes. Eden Games ajuste quelques boulons et renforce le volet communautaire de sa vertigineuse machine. Car la force du titre, désormais étalé entre Oahu (l'île principale d'Hawaii) et Ibiza, tient à son approche tout en jeu de rôle en ligne massivement multi joueurs (MMORPG). Plutôt que d'évoluer dans la peau d'un avatar à la Second Life, le joueur explore les virages de ces îles à bord de voitures de rêve. Il socialise par appels de phares interposés pour lancer des défis sur des portions de routes qu'il aura préalablement sélectionnées. Mais ce monde persistant (et sans abonnement) peuplé de 175 modèles entre Aston Martin DBS et Pagani Zonda va plus loin. L'achat de voitures (chez des concessionnaires en 3D temps réel), de biens immobiliers impayables, de yachts, de meubles design et de vêtements pour son avatar tirent en effet le joueur dans une vie parallèle. Une esthétique clinquante du luxe à la David Guetta? Pas aussi simple. Les playlists des 2 radios rock et électro poursuivent les très bonnes intentions éclectiques et alternatives du premier volet. Ecouter Neon Indian, Surfer Blood ou les Dum Dum Girls en taquinant la zone rouge d'une Nissan Skyline R34 est un délice rare pour un jeu vidéo. Plonge qui veut. En mode solo ou connecté, l'invitation à flâner sur l'île grandit. Les développeurs récompensent désormais en monnaie les balades à prise de risque, frôlant par exemple d'autres véhicules. Les rencontres avec d'autres joueurs faites au hasard des défis de rue tissent des liens. Via une vue subjective, on invite ses amis à visiter son loft en bord de mer et son garage. Voire même son club, alter ego des guildes dans les MMORPG. Les bandes ainsi formées fixent des défis à d'autres clans, avec prix en monnaie et leveling up à la World Of Warcraft comme incitant. A mi-chemin entre simulation et arcade, Test Drive Unlimited 2 devra toutefois bûcher avant sa sortie. En main, la Lancia Delta HF Evoluzione II ne décroche pas les mâchoires. Précédemment basée sur l'antique série des V-Rally, la prise en main et le comportement physique des véhicules ont été repensés, sans convaincre côté sensations. Le tout avec une réalisation graphique à la traine... surtout face à un Gran Turismo 5 imminent. Victime de reports successifs, le jeu phare de Sony devrait sortir sur PlayStation 3 avant Noël. Credo? Une approche encyclopédique de la course automobile. Outre 1000 bolides à débloquer au fil d'une carrière parsemée de 20 circuits de base, le jouet de Polyphony Digital proposera en option de se glisser dans la peau d'un directeur de course qui gère son protégé entre compétence, condition physique et personnalité. Au-delà de sa compatibilité en 3D à lunettes, on taquinera également du kart voire du Nascar pour ensuite créer ses propres circuits. La blonde et l'insouciance des années 80 sont désormais loin, très loin dans le rétro. l Texte Michi-Hiro Tamaï