"À Terre!"

On a découvert O à la faveur du single La Rivière, assurément l'une des plus belles chansons françaises de ces cinq dernières années. C'était à la radio, sur les bons conseils d'Étienne Daho: il y a pire adoubement, on l'avouera, que celui du "parrain" officieux de la French pop... Derrière la simple lettre et le pseu...

On a découvert O à la faveur du single La Rivière, assurément l'une des plus belles chansons françaises de ces cinq dernières années. C'était à la radio, sur les bons conseils d'Étienne Daho: il y a pire adoubement, on l'avouera, que celui du "parrain" officieux de la French pop... Derrière la simple lettre et le pseudo "ingooglable", il y a Olivier Marguerit, multi-instrumentiste quasi quadra, qui a longtemps traîné de projet (Mina Tindle) en projet (Syd Matters), avant de se jeter à l'eau en solo. En 2016, il y a ainsi eu Un torrent, la boue, premier album au charme aérien et délicat. Trois ans plus tard, À Terre! reprend l'ouvrage pop entamé, en lui donnant toutefois des couleurs plus vives. La musique d'O continue de charrier une sorte de douce mélancolie ( Soleil charbon, l'instrumental Le Sommeil des idoles), engageant un doute existentiel joliment diffus. Mais elle se fait désormais aussi plus directe, simplifiant ses intentions pour aller directement au but. "Qu'est-ce que je fous là?", se demande ainsi O en ouverture du disque, sur À Terre!, avant d'accélérer, et de ponctuer sa cavalcade par un saxo eighties. Plus loin, Tu sais je ne sais plus se questionne encore, mais cette fois sur un groove chauffé par des cuivres quasi afrobeat, tandis qu' Ensablé confirme, s'il le fallait encore, l'influence Beatles. Tournant autour du thème du vertige, du déséquilibre, et de l'effondrement, O tangue toujours avec autant d'élégance, démontrant que, si l'atterrissage est important, l'art de la chute (libre) peut être aussi particulièrement touchant.