Il faut un gros effort d'imagination pour se représenter ce jeune trentenaire avenant et propre sur lui en treillis militaire dans l'enfer irakien. On est loin de l'image archétypale du G.I. aux idées et aux cheveux courts véhiculée par le cinéma. Phil Klay a pourtant passé un peu plus d'un an dans la province d'Al-Anbar, l'une des plus agitées, entre 2007 et 2008. Et s'il n'était pas en première ligne, son rôle d'intermédiaire avec les médias, et donc de guide, lui a donné une vue panoramique de l'intervention, de la vie monotone au camp à l'agitation fiévreuse des combats. La mort qui rôde, la peur qui aveugle, les soldats qui agonisent, la folie qui guette, la sensation d'irréalité au retour, les séquelles psychologiques, il connaît.
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