"Jefe"

Les chiffres ne mentent jamais (ou presque). Le jour de sa sortie, le nouvel album de Ninho a réalisé le meilleur démarrage de l'année sur la plateforme française de Spotify. Devant Orelsan, SCH, ou encore Booba, rien que ça... À 25 ans à peine, mais avec déjà une petite dizaine de proje...

Les chiffres ne mentent jamais (ou presque). Le jour de sa sortie, le nouvel album de Ninho a réalisé le meilleur démarrage de l'année sur la plateforme française de Spotify. Devant Orelsan, SCH, ou encore Booba, rien que ça... À 25 ans à peine, mais avec déjà une petite dizaine de projets au compteur, William Nzobazola de son vrai nom s'impose plus que jamais comme l'un des boss du rap hexagonal. "El Jefe", pour reprendre le titre d'un album, précisément conçu pour asseoir sa domination. Pour ce faire, Ninho s'appuie sur une tracklist resserrée, maîtrisée du début à la fin -il se permet même de faire l'impasse sur les habituels featurings, avançant en lonesome cowboy. Au besoin, il se permet juste d'invoquer les anciens, et encore, en piochant plutôt du côté de la chanson française -une interview de Charles Aznavour samplée sur le morceau-titre. Pour autant, loin de tout crossover, Ninho campe solidement sur ses bases rap. C'est sa marque de fabrique: combiner la technique (le goût des assonances sur Sky Priority -" Je récupère quatre kils de beuh dans le pays du gouda/c'est nous les méchants du goudron") et des productions collant à l'époque; mixer ses fondamentaux rap et une certaine ouverture ( Arme de poing). Certes, sur Jefe, la formule ne surprend jamais. Mais aussi rodée soit-elle, elle se révèle de la même manière absolument imparable.