Le récent Pig de Michael Sarnoski l'a à nouveau prouvé: quand les planètes sont alignées, Nicolas Cage peut être un immense acteur de cinéma, capable de sensualité jusque dans ses plus improbables excès. Auteur, scénariste et journaliste pour Libération, le Français Lelo Jimmy Batista lui consacre aujo...

Le récent Pig de Michael Sarnoski l'a à nouveau prouvé: quand les planètes sont alignées, Nicolas Cage peut être un immense acteur de cinéma, capable de sensualité jusque dans ses plus improbables excès. Auteur, scénariste et journaliste pour Libération, le Français Lelo Jimmy Batista lui consacre aujourd'hui ce sympathique petit livre qui s'attache à remonter le fil de son parcours en mode quasiment gonzo. Le cueillant en freak en mal d'amour dès l'enfance, quand il s'appelle encore Nicolas Kim Coppola et biberonne aux films muets avec le maître de la métamorphose Lon Chaney, l'ouvrage, dont les chapitres portent tous le nom d'un animal (cheval, baleine, crabe, dragon, poney, cafard...), croque l'acteur au regard las et au physique peu conventionnel en performeur cintré et imprévisible adepte des immersions jusqu'au-boutistes dans ses rôles. Pratiquant un mélange documenté d'humour et de fascination, l'auteur souligne son goût pour la transformation et l'expérimentation sans peur aucune du ridicule. Star moquée et révérée à la fois, souvent pour les mêmes raisons, Cage, sous sa plume, est " un dieu dansant rongé par un feu bouillonnant" à la mythologie bigger than life qui lui échappe totalement, ses dérives baroques s'opérant par ailleurs sans une once de calcul mais avec une conviction forcenée. L'une de ses phrases fétiches est d'ailleurs la suivante: " Je n'ai jamais eu de carrière, j'ai juste travaillé." Envers et contre tout, donc.