S'il y en a un à qui 2018 promet les étoiles, c'est bien lui. Cela fait en effet plusieurs mois maintenant que la "hype" Eddy de Pretto a été lancée. Et elle ne donne pas de signe d'essoufflement. On l'a découvert officiellement en juin dernier, avec le clip du morceau Fête de trop (il en avait sorti deux autres avant, qui, depuis, ont disparu des Internets): on y voit le chanteur, planqué dans les toilettes du club, y déroulant, seul face au miroir, les illusions déçues de la nuit qui tourne au fiasco -"Regard, je luis de paillettes et me réduis au KO". Gueule d'atmosphère, celui qui ...

S'il y en a un à qui 2018 promet les étoiles, c'est bien lui. Cela fait en effet plusieurs mois maintenant que la "hype" Eddy de Pretto a été lancée. Et elle ne donne pas de signe d'essoufflement. On l'a découvert officiellement en juin dernier, avec le clip du morceau Fête de trop (il en avait sorti deux autres avant, qui, depuis, ont disparu des Internets): on y voit le chanteur, planqué dans les toilettes du club, y déroulant, seul face au miroir, les illusions déçues de la nuit qui tourne au fiasco -"Regard, je luis de paillettes et me réduis au KO". Gueule d'atmosphère, celui qui avoue "beaucoup aimer la nouvelle esthétique du moche", y chante autant qu'il invective. Quelques mois plus tard, en plein hashtag metoo, le titre Kid revenait lui sur le poids que le modèle patriarcal peut également faire peser sur les garçons -"Tu seras viril, mon kid/Je ne veux voir aucune larme glisser".Depuis ce double coup d'éclat, on l'a vu un peu partout: sur le plateau de Nagui ou Yann Barthès, dans les colonnes des Inrocks ou du Monde. Rencontré le mois dernier autour d'un steak frites dans une célèbre brasserie bruxelloise, il concédait: "C'est génial, j'ai toujours recherché ça. Mais cela va tellement vite que je n'ai pas forcément le recul pour en profiter. Ce qui est étrange pour moi. Car j'aime beaucoup analyser les choses, la vie, les expériences -comme on peut s'en apercevoir dans mes chansons, dans lesquelles je porte un regard très introspectif sur ce que je suis, ce que je vis, sur mon époque en général." Ou encore sur sa génération. Né en 1991 -c'est du moins ce qu'il affirme aujourd'hui, malgré la plupart des articles ne lui donnant jamais plus de 25 ans-, il lui correspond assez bien. Notamment dans son audace: sur scène, il apparaît la plupart du temps seul, son iPhone à la main, pour lancer la musique. Ne faisant aucun mystère de son homosexualité, celui que le Point a baptisé "le rappeur de la génération Nolan" adore également flouter les styles et les genres. "Pour moi, les bacs de la Fnac, cela n'a plus de sens." Lui-même y est classé en rap/urbain. "C'est un peu n'importe quoi. Je ne pense pas que cela sert un projet de le définir." Cela ne veut pas dire qu'il n'a pas d'identité, même en mouvement. Ayant grandi à Créteil, dans la banlieue sud-est de Paris, Eddy de Pretto est en fait ballotté entre son goût pour le r'n'b, la chanson française que sa mère passait en boucle à la maison -de Barbara à Dalida- et ce que ses potes écoutaient "en bas de mon immeuble": le rap, de Diams à Booba. Résultat: aujourd'hui, le jeune homme peut oser des accents bréliens, tout en bossant avec des producteurs hip-hop -Kyu Steed & Haze (Booba, PNL). Dit comme cela, le grand écart pourrait apparaître comme une énième position marketing dans l'air du temps. Mais jusqu'ici, Eddy de Pretto a la sincérité pour lui.