Une banlieue pavillonnaire, quelque part en France. Les gyrophares d'une voiture de gendarmerie et d'une ambulance éclairent les passants et la façade d'une maison dont on sort un cadavre et une femme, sur une civière. Lorsqu'Elvira passera devant la demeure de ses voisins, dont les secrets sont mis sous scellés, elle ser...

Une banlieue pavillonnaire, quelque part en France. Les gyrophares d'une voiture de gendarmerie et d'une ambulance éclairent les passants et la façade d'une maison dont on sort un cadavre et une femme, sur une civière. Lorsqu'Elvira passera devant la demeure de ses voisins, dont les secrets sont mis sous scellés, elle sera absorbée par ceux de son propre quotidien: celui d'une femme aplatie par le multitasking, son boulot ingrat et ses trois enfants dont elle est la boniche. Le quatrième enfant est son mari, Patrick, père et amant démissionnaire. Il faudra un gros mensonge à Elvira pour tenter d'attirer son attention et reprendre un peu de cette visibilité dissoute dans la charge mentale. Qu'est-ce qu'un mensonge? Dans un monde régi par celui-ci, quelle fonction pour la mystification et le travestissement du réel? Au-delà d'une réflexion sur le couple et la famille, les questions sont au centre de cette fiction récompensée au dernier Festival Séries Mania, traversée par une Marina Hands qui prend admirablement consistance, et à l'architecture plus complexe que son faux rythme indolent suggère. Sam, le fils trans, Carole, la fille un peu butch, et Virginie, la cadette à la sensibilité fluide et à fleur de peau, sont eux sur un chemin propre, alternatif, dans cette réalité suffocante et éthérée. Quand les adultes semblent passer complètement à côté de leur vie, chacun à sa manière prend des appels d'air salutaires, dans l'euphorie, la douleur, la colère ou la sincérité d'un sentiment indicible.