En 1777, Mozart a 21 ans et vient de se faire virer de son poste de maître de concert à Salzbourg par son employeur, le prince-archevêque Colloredo. Ce dernier ne supporte plus les frasques du jeune prodige et ne tolère guère les incessants voyages de la famille Mozart, le père de Wolfgang faisant le tour des cours d'Europe pour exhiber son fils. Cette fois, Mozart partira seulement a...

En 1777, Mozart a 21 ans et vient de se faire virer de son poste de maître de concert à Salzbourg par son employeur, le prince-archevêque Colloredo. Ce dernier ne supporte plus les frasques du jeune prodige et ne tolère guère les incessants voyages de la famille Mozart, le père de Wolfgang faisant le tour des cours d'Europe pour exhiber son fils. Cette fois, Mozart partira seulement accompagné de sa mère, son père n'étant pas libéré de ses obligations vis-à-vis du prince-archevêque. En 1778, mère et fils, criblés de dettes, débarquent à Paris après avoir tenté dans quelques villes allemandes de trouver un poste, en vain. Mozart à Paris nous raconte les déboires du jeune homme dans la capitale française, où il aura également toutes les difficultés du monde à trouver du travail ou même à se faire payer les leçons de musique qu'il donne aux jeunes femmes de la noblesse qui le regardent avec condescendance. À l'époque, les modes de composition et de jeux différaient grandement de pays en pays et Mozart ne se fit jamais à la mode française. Il reviendra finalement en Autriche, sans sa mère décédée entre-temps, auprès de Colloredo avant de prendre congé définitivement... Mais ça, c'est une autre histoire. Franz Duchazeau signe ici un très bel album où il atteint l'équilibre entre vérités historiques et allégories traduisant les états d'âme du jeune homme pris entre le désir de plaire à son père et la frustration de ne pas être reconnu à la hauteur de son talent. Pour ce faire, l'auteur s'est inspiré des gravures d'époque rendant son dessin plus précis -avec un coup de chapeau aux couleurs de Walter. Plus surprenant, il convoque également l'esprit de Winsor McCay, substituant par moments un Little Nemo au compositeur pour les scènes fantasmées. Le résultat est une oeuvre dense traduisant parfaitement la complexité du personnage. Bref, un très grand Duchazeau.