La fibre de la nostalgie technologique est une affaire qui roule, comme l'illustre l'emballement médiatique de la presse spécialisée et généraliste face au nouveau Razr de Motorola. Le constructeur chinois n'est plus le géant téléphonique de jadis. Comme Nokia et sa réédition du 3310 il y a deux ans, la firme tente donc d'attirer l'attention sur ses produits en jouant la carte du souvenir. Le téléphone à clapet avance de fait un argument de poids avec son écran tactile pliable de près 16 centimètres de diagonale. S'utilisant à la verticale, cet affichage 21/9 se double d'un second écran extérieur de 7 centimètres de diagonale. Cette invitation à reproduire un geste rituel oublié -le clac de fermeture du téléphone- ne se double hélas pas de prestations de haut niveau. Le nouveau Razr avance en effet un processeur milieu de gamme (6 Go de mémoire vive et 128 Go de stockage) sans extension possible. Coiffé d'un bouton ouvrant sa coque et lisant les empreintes digitales, le clamshell fait a priori plus de sens que les Galaxy Fold de Samsung et Mate X d'Huawei. Comptez toutefois 1 500 dollars pour ce voyage rétrofuturiste.