Boardwalk Empire - saison 3
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Boardwalk Empire - saison 3 UNE SÉRIE HBO CRÉÉE PAR TERENCE WINTER. AVEC STEVE BUSCEMI, KELLY MACDONALD, MICHAEL SHANNON. DIST: WARNER. 8 C'est l'histoire d'une série à qui le Père Noël a tout donné. Et qui n'a cassé aucun de ses jouets: un showrunner aguerri (Terence Winter), un monstre du cinéma à la production exécutive (Martin Scorsese), un casting de choc (emmené par Steve Buscemi) et puis, surtout, une intrigue solide. Comme une grande, Boardwalk Empire a assumé ce statut. N'a jamais déçu. N'a jamais levé le pied. Au contraire, plus l'intrigue avance, plus les saisons se succèdent, plus on s'achemine vers l'inéluctable: le petit bijou pensé par Terence Winter devrait finir par rejoindre The Sopranos, dont il a lui-même écrit une flopée d'épisodes, The Wire, The Shield et les quelques autres fabuleuses séries enfantées depuis quinze ans par la télé américaine. Sincèrement, on a beau chercher, on ne voit pas vraiment ce qui éloigne la petite perle d'HBO de la perfection. S'appuyant sur le roman Boardwalk Empire: The Birth, High Times and the Corruption of Atlantic City de l'auteur contemporain Nelson Johnson, la série déploie une intrigue aussi complexe qu'organique distillée depuis l'Atlantic City des années 20, celles de la Prohibition. Celles, également, des différentes mafias, de l'avènement de Capone à Chicago, de Lucky Luciano et des autres. Terence Winter articule ces grands noms de la pègre autour de Nucky Thompson, politicien et parrain local de plus en plus impliqué, parfois personnellement, dans le crime. Steve Buscemi campe avec classe et conviction cette figure magistrale à qui Winter et ses co-scénaristes prêtent des dialogues brillants. C'est évidemment l'une des forces d'une série mise en scène avec panache et scénarisée avec une cohérence étonnante. Les personnages secondaires se multiplient, sans qu'aucun ne fasse tache ou manque de consistance: délaisser Nucky pour quelques scènes, bien loin d'éparpiller le récit, permet en général de le retrouver avec plus de plaisir encore, tant les noeuds narratifs sont enrichis avec pertinence par un script redoutable. De plus, ne craignant pas d'éliminer certains personnages phares à des moments totalement inattendus, Terence Winter a le chic pour renouveler le casting et relancer l'intérêt de son intrigue: cette troisième saison est ainsi marquée par la montée en puissance d'un nouvel arrivant, en la personne du mafioso psychopathe et plutôt terrifiant Gyp Rosetti (étonnant Bobby Cannavale). Lequel donne du fil à retordre à Nucky Thompson dont le pouvoir se trouve plus que jamais menacé. Heureusement que son frère Elias, à peine sorti de prison, retrouve une fibre familiale... La suite dans une troisième saison compilée en DVD et en Blu-ray par la Warner. Les bonus sont à l'image de ce qu'ils viennent enrichir: foisonnants. GUY VERSTRAETEN