Todd Haynes a déjà moult fois traité de la musique au cinéma. Après avoir raconté la vie et la mort de Karen Carpenter dans un court métrage ( Superstar: The Karen Carpenter Story), mis à l'honneur le glam rock, David Bowie et Marc Bolan ( Velvet Goldmine) et revisité de manière ultra audacieuse le mythe Bob Dylan ( I'm Not There), le réalisateur américain déboulera bientôt avec son premier documentaire. Présenté hors compétition lors du dernier festival de Cannes, The Velvet Underground, évidemment consacré au génial groupe de Lou Reed et Jo...

Todd Haynes a déjà moult fois traité de la musique au cinéma. Après avoir raconté la vie et la mort de Karen Carpenter dans un court métrage ( Superstar: The Karen Carpenter Story), mis à l'honneur le glam rock, David Bowie et Marc Bolan ( Velvet Goldmine) et revisité de manière ultra audacieuse le mythe Bob Dylan ( I'm Not There), le réalisateur américain déboulera bientôt avec son premier documentaire. Présenté hors compétition lors du dernier festival de Cannes, The Velvet Underground, évidemment consacré au génial groupe de Lou Reed et John Cale, sera disponible sur Apple TV dès le 15 octobre. Pour accompagner l'événement, Republic Records et Universal ont annoncé une bande originale en deux disques. Au programme: des originaux, des lives, des raretés et des performances qui ont marqué les protégés d'Andy Warhol. En attendant, c'est un disque de reprises qui rend hommage au génialissime groupe new-yorkais. Et pas n'importe lequel. C'est une réinvention de The Velvet Underground and Nico, le mythique premier album. Paru le 12 mars 1967, ce disque de rock aux expérimentations sonores avant-gardistes qui barbote dans l'univers des drogues dures et des perversions sexuelles avait déjà fait l'objet en 2012 d'une relecture par le label Castle Face et ses amis. On y croisait Thee Oh Sees, The Fresh and Onlys, White Fence, Kelley Stoltz ou encore Ty Segall. En gros, la crème de la scène rock californienne. I'll Be Your Mirror: A tribute to The Velvet Underground and Nico, qui revisite comme lui l'album dans l'ordre original, possède un casting plus ronflant et grand public, où se mêlent dinosaures de l'Histoire du rock, poids lourds de l'indé et plus ou moins jeunes sensations amoureuses de l'électricité. Des hommes, des femmes. Des jeunes, des vieux. Des Américains, des Australiens et même des Irlandais. Tandis que le chanteur de REM Michael Stipe s'attaque à Sunday Morning, que Matt Berninger (The National) s'en prend à I'm Waiting for the Man, que Sharon Van Etten appelle Angel Olsen à la rescousse pour les choeurs de Femme fatale, dans des tentatives pas dérangeantes mais un peu vaines, les meilleurs moments de ce disque sont à aller chercher dans le Run Run Run de Kurt Vile, The Black Angel's Death Song de Fontaines D.C. (avec l'accent à couper au couteau de Grian Chatten) et l'ultra dépouillé I'll Be Your Mirror de Courtney Barnett. Thurston Moore et Bobby Gillespie s'y mettent à deux pour nous faire revivre l'injection d' Heroin, Iggy Pop clôt les hostilités avec Matt Sweeney. L'une ou l'autre pépite et quelques curiosités ne remplaceront évidemment pas l'écoute du chef-d'oeuvre original et relèvent avant tout du sympathique clin d'oeil.