Sur la table devant nous, Michael Kiwanuka a déposé un nécessaire à se brosser les dents et à se rafraîchir la mémoire, un Canon vintage argentique. " Je me suis rendu compte que je n'avais pratiquement aucune photo de l'enregistrement de mes deux premiers albums. Sauf des trucs moches sur l'iPhone que tu finis de toute façon par effacer pour faire de la place. Là, je suis parfaitement content d'acheter des films sur eBay et d'envoyer le développement online. Et puis, je scanne les négatifs", sourit-il, pas forcément conscient du parallèle entre le processus de la photo et celui de son troisième album de soul, tout aussi vintage, dont se sont saisi deux producteurs de l'ère digitale, Danger Mouse et Inflo. Le premier est un Américain, collectionneur de disques platines avec Gorillaz, Gnarls Barkley, The Black Keys ou les Red Hot. Le second s'affiche londonien, plus underground mais pareillement aventurier. Avec cette équipe, Kiwanuka a conçu un album ( lire la critique page 23) à L.A., New York et Londres, qui débute par un morceau de fusible qui lâche, You Ain't the Problem. Avant de voyager dans un maelstrom de titres plutôt spleen, acc...