"If All I Was Was Black"

À 78 ans, Mavis Staples est partout: chez Gorillaz et Arcade Fire, en première partie de Bob Dylan ou célébrée lors d'un grand concert-hommage. Il y a sans doute une raison à cela. Peut-être plus que jamais, elle représente la voix que l'on a besoin d'entendre, en Amérique, et au-delà. Il s'agit évidemment d'évoquer cet organe exceptionn...

À 78 ans, Mavis Staples est partout: chez Gorillaz et Arcade Fire, en première partie de Bob Dylan ou célébrée lors d'un grand concert-hommage. Il y a sans doute une raison à cela. Peut-être plus que jamais, elle représente la voix que l'on a besoin d'entendre, en Amérique, et au-delà. Il s'agit évidemment d'évoquer cet organe exceptionnel, fumé au gospel le plus incandescent, et qui, malgré l'âge, continue de donner le frisson ici et là. Mais il est encore davantage question d'aborder tout ce que l'icône de la musique noire incarne. Aux côtés de son père et de Martin Luther King, lors de la lutte pour les droits civiques, Mavis Staples n'a jamais vraiment baissé la garde. Vu l'actualité de ces derniers mois -de l'élection de Trump aux événements de Charlottesville-, son combat pour l'égalité a toutefois repris une nouvelle acuité. Son troisième album en collaboration avec Jeff Tweedy (Wilco) ne fait que tourner autour de ça. Avec sa boîte à rythme vintage, Little Bit démarre ainsi comme du Sly and the Family Stone, racontant ce que c'est d'être Noir au quotidien, quand un seul écart peut vous être fatal -"A little bit too high/A little bit too low/Get a little bit out of line/My baby won't make it home". Musicalement oecuménique, entre soul, country et gospel, le duo Staples/Tweedy laisse évidemment percer la colère: "If all I was was black/Don't you want to know me/More than that", chante Staples sur le morceau-titre, avant de reprendre plus loin les mots de Michelle Obama - "We go high when they go low". Mais tout cela en ne cessant jamais d'espérer (Peaceful Dream), préférant construire des ponts (Build a Bridge) qu'ériger de nouveaux murs.