Auteur, notamment, de Quartet avec Isabelle Adjani, ou de The Bostonians d'après Henry James, James Ivory se lançait, au milieu des années 80, dans une trilogie d'adaptations de E.M. Forster, établissant au passage sa réputation de plus britannique des cinéastes américains. Ainsi de Maurice, le second film du lot, sorti en 1987 soit deux ans apr...

Auteur, notamment, de Quartet avec Isabelle Adjani, ou de The Bostonians d'après Henry James, James Ivory se lançait, au milieu des années 80, dans une trilogie d'adaptations de E.M. Forster, établissant au passage sa réputation de plus britannique des cinéastes américains. Ainsi de Maurice, le second film du lot, sorti en 1987 soit deux ans après A Room with a View et cinq avant Howards End. Située quelques années avant la Première Guerre mondiale, c'est l'histoire de la romance homosexuelle s'épanouissant dans le décor feutré de Cambridge entre deux étudiants, Maurice Hall (James Wilby) et Clive Durham (Hugh Grant). Une passion amoureuse allant toutefois à l'encontre des conventions en vigueur dans l'Angleterre édouardienne (il faudra attendre 1967 pour que l'homosexualité ne soit plus considérée comme un délit en Angleterre), si bien que le second adoptera une courbe rentrante afin de ne pas compromettre sa future carrière, laissant Maurice en butte au climat répressif de l'époque. Une restauration exemplaire restitue sa souveraine beauté à un film dont l'élégance de la mise en scène a pour pendant la finesse et l'intelligence de la narration, l'interprétation toute de nuances subtiles de Hugh Grant (dans le rôle qui le révélait) et James Wilby (curieusement oublié depuis) convoquant pour sa part une large palette d'émotions. Quelque 30 ans après sa sortie, Maurice n'a perdu ni en pertinence, ni en modernité, transcendant les époques pour se poser en digne cousin de Call Me By Your Name, comparaison d'autant moins gratuite que James Ivory n'est autre que le scénariste (oscarisé) de ce dernier... À (re)découvrir.