Nourrie de tendresse amusée et de savoureuses références autobiographiques, la deuxième saison de Master of None voyait, il y a quatre ans, Aziz Ansari élever ses aventures de trentenaire new-yorkais en quête de lui-même à un inattendu niveau d'excellence. Fort d'u...

Nourrie de tendresse amusée et de savoureuses références autobiographiques, la deuxième saison de Master of None voyait, il y a quatre ans, Aziz Ansari élever ses aventures de trentenaire new-yorkais en quête de lui-même à un inattendu niveau d'excellence. Fort d'une totale liberté de ton et de forme, il y passait au peigne fin ses obsessions urbaines contemporaines au fil d'épisodes déjouant joyeusement les règles et les attentes. Sous-titrée Moments in Love, la troisième saison de la série, particulièrement plombée, vient à nouveau changer la donne en délaissant le personnage de Dev afin de se concentrer sur celui de son amie Denise, désormais romancière à succès qui s'est installée à la campagne avec son épouse Alicia. En cinq épisodes de durées très diverses, elle porte un regard patient et sans concession sur quelques scènes de la vie conjugale. Derrière la caméra, Ansari laisse parler sa fibre cinéphile, antispectaculaire au possible, en veillant à ne rien simplifier ou formater. Plus que jamais capable de prendre son temps et d'en mesurer l'inexorable travail de sape, il observe le lent délitement d'un couple engagé dans l'éternelle impasse de l'amour romantique. Un nouveau coup de maître.