Restée inédite depuis sa sortie en 2015, la série norvégienne Maniac est désormais disponible sur la plateforme Arte.tv dans le cadre d'une collection "Retour à l'original": on y verra aussi Hatufim, qui a donné Homeland, l'originale anglaise de House of Cards, ou Bron, autre pièce maîtresse de la fiction télé scandinave.
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Restée inédite depuis sa sortie en 2015, la série norvégienne Maniac est désormais disponible sur la plateforme Arte.tv dans le cadre d'une collection "Retour à l'original": on y verra aussi Hatufim, qui a donné Homeland, l'originale anglaise de House of Cards, ou Bron, autre pièce maîtresse de la fiction télé scandinave. Écrite par son acteur principal, Espen PA Lervaag, Maniac imagine les pérégrination irréelles d'un patient psychiatrique et visite ses pathologies profondes avec une sincère loufoquerie. Cary Joji Fukunaga et Patrick Somerville s'en sont inspirés pour la série Netflix du même nom, qui réunissait Emma Stone et Jonah Hill. Plus que de cette lointaine jumelle, Maniac se rapproche, dans ses découpage de gags, de la BD Calvin et Hobbes. Surtout dans cette manière qu'a le personnage principal de refaçonner en permanence la réalité et ses antagonismes, sa vision alternant en temps réel avec ce que son entourage perçoit de la scène: le personnel et les patients du centre psychiatrique, son chef sadique (qu'il voit en permanence en Némésis, à la manière de Belmondo dans Le Magnifique) ou Mina, la nouvelle psychologue qui s'intéresse particulièrement aux circonstances qui ont provoqué le shift d'Espen, à ce qui a encouragé sa psyché à larguer les amarres. Espen la voit comme la demoiselle en détresse, la femme fatale ou l'objet de son désir, selon le déroulé des histoires farfelues qu'il se raconte. Ses fantasmes aspirent chaque protagoniste de son quotidien à l'exception notable de Håkon (Håkon Bast Mossige), cet ami imaginaire irrésistible d'assertivité qui y réside en permanence. Quand il s'agit de trouver un nom à son personage de super-héros, Håkon exulte: " Batman? Spiderman? Déjà pris. Ce sera... Walkman!" Pourquoi se contenter du réel quand les univers parallèles sont si faciles à vivre?