Dans ce climat clivant opposant féministes/masculinistes, passéistes/technologistes, écriture inclusive/vieille école, les éditions Dargaud enfoncent le clou en ajoutant un second tome au pamphlet satirico-nostalgique de Morgan Navarro: Ma vie de réac. L'auteur nous avait habitués à des récits de banlieue mettant en scène des gamins prépubères, ados ou ...

Dans ce climat clivant opposant féministes/masculinistes, passéistes/technologistes, écriture inclusive/vieille école, les éditions Dargaud enfoncent le clou en ajoutant un second tome au pamphlet satirico-nostalgique de Morgan Navarro: Ma vie de réac. L'auteur nous avait habitués à des récits de banlieue mettant en scène des gamins prépubères, ados ou jeunes adultes aimant le skate et la teuf et, dans des version pour un public plus âgé, la fumette et le cul, mais où planait toujours, sous les nappes d'humour grinçant, un malaise profond. On découvre ici un père inquiet du vide intellectuel de ses enfants, dont le seul bouquin lu est Le Manuel du drone acheté sur Internet. Et ce n'est pas faute de les avoir inscrits en latin/math... Autre sujet qui dépasse complètement notre ami: la question du genre. Son entourage immédiat en parle avec rapidité et naturel comme d'une chose acquise, alors que lui doit encore péniblement se familiariser avec l'acronyme LGBT... Il est également incrédule devant la mixité culturelle voulant, par exemple, que le snack turc du coin propose des " tacos à la sauce algérienne". Mais ce qui apparaît évidemment dans ce salmigondis réactionnaire, c'est la lâcheté de ce philosophe de cuisine -où il ne met pas beaucoup les pieds- face à ses idées nauséabondes et à sa mauvaise foi ... dans les rares moments où il les défend. L'auteur fait débat, c'est le moins que l'on puisse dire, au vu des réactions indignées de certains lecteurs sur le site du quotidien Le Monde où il pré-publie. Pour les autres, amoureux des bonnes baffes dans la gueule façon Calmos de Bertrand Blier, jetez-vous sur ce concentré d'anti-politiquement correct salutaire, à prendre bien sûr au second degré.