Le printemps est loin devant mais Nintendo se livre déjà à un grand nettoyage sur Luigi's Mansion. Harnaché d'un Ectoblast aspirant et soufflant tous les objets et fantômes barrant sa route, le frère vert de Mario y fait ainsi le ménage pour libérer Mario, Peach et consorts du Roi Boo. Ce fantôme rondouillard et kawaii se dresse au-dessus d'une pyramide d'araignées, d'objets possédés et autres spectres farceurs, tombant pile pour Halloween. Une terreur bubble gum, digne de la stature d'un nouvel épisode de Mario.
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Le printemps est loin devant mais Nintendo se livre déjà à un grand nettoyage sur Luigi's Mansion. Harnaché d'un Ectoblast aspirant et soufflant tous les objets et fantômes barrant sa route, le frère vert de Mario y fait ainsi le ménage pour libérer Mario, Peach et consorts du Roi Boo. Ce fantôme rondouillard et kawaii se dresse au-dessus d'une pyramide d'araignées, d'objets possédés et autres spectres farceurs, tombant pile pour Halloween. Une terreur bubble gum, digne de la stature d'un nouvel épisode de Mario. Il y a chez Luigi, ce grand dadais constamment terrifié, un peu de Sammy, le hippie peureux -lui aussi habillé de vert- de Scooby Doo. Également influencé par la Tour de la Terreur des parcs Disney, Luigi's Mansion 3 et son hôtel art déco se vivent surtout comme un bon film de Pixar ou de Disney. Du farfelu professeur K. Tastroff à un fantôme gardien de nuit peureux dans un centre commercial, la galerie de personnages cartoon se drape de lubies et de tics savoureux. Jouable jusqu'à huit (une option rare), ce théâtre de la frousse orchestré avec malice et sourire se double d'un tour de force visuel pour la petite Switch. Souvent malmenée lorsqu'elle reçoit des portages de jeux 3D gourmands (cf. le reboot de Doom), la bécane hybride crache ici ses poumons. La volumétrie des nuages de poussières et les effets de transparence de Gluigi, le clone en slime de Luigi, forcent le respect. Mieux, l'animation des fantômes se débattant dans l'aspirateur du frère de Mario lorgnent sans mal sur Tex Avery. Coiffé d'une gestion royale de la lumière mise en valeur par un huis clos nocturne et, Luigi's Mansion 3 se scinde très classiquement entre exploration hôtelière et chasse aux fantômes, où aspirer un spectre ou jouer du lasso avec l'adversaire devient vital. Aux coups de fouet s'ajoutent des accessoires de chasse bien vus: un lance-ventouse attrape ainsi les fantômes plus coriaces tandis qu'une lampe flash paralyse temporairement et facilite leur capture. Les phases d'exploration du jeu témoignent également du savoir-faire de Nintendo en matière de level design. Galeries secrètes, mécanismes invisible et fentes murales (offrant une vue sur des pièces cachées) jouent une partition où dansent pièces d'or et billets verts. Mieux, Gluigi traverse des barreaux et se faufile dans des tuyaux pour veiner l'architecture de détours et itinéraires insoupçonnés. Dans un joyeux capharnaüm, des fardes, plantes et autres statuettes décoratives valdinguent sous l'effet de la soufflerie et des sauts de Luigi. Un esprit rock'n roll hante presque ce saccage permanent et en règle de toutes les chambres de l'hôtel. Une poignée de mini jeux arcade attendus mais efficaces se distinguent enfin parmi les activités bis du scénario principal. Luigi's Mansion est l'adresse du moment, tout simplement.