Nourri par le culte de la victoire, le sport glorifie les champions et les winners. Et célèbre le premier tout en effaçant souvent très vite le deuxième des esprits et des tablettes. À vaincre sans péril on triomphe sans gloire...

Nourri par le culte de la victoire, le sport glorifie les champions et les winners. Et célèbre le premier tout en effaçant souvent très vite le deuxième des esprits et des tablettes. À vaincre sans péril on triomphe sans gloire et une défaite avec panache vaut parfois bien mieux qu'une victoire sans éclat. La série documentaire de Mickey Duzyj met à l'honneur huit beautiful losers, perdants magnifiques aux destins improbables et aux palmarès inachevés. Il y a le boxeur Michael Bentt qui n'aimait pas le ring, avait des envies de suicide, a remporté un titre poids lourds WBO, est tombé dans le coma et s'est reconverti dans le cinéma (avec Michael Mann, Clint Eastwood). La patineuse Surya Bonaly, fille adoptive de parents globe-trotteurs, trop moderne pour les juges, qui refusait de monter sur les podiums. Mais aussi les modestes footballeurs de Torquay, sur la Riviera anglaise, qui ont lutté contre la relégation et se sauvèrent in extremis malgré les méfaits d'un chien policier. Une collection sympathique, pimentée par des séquences en dessin animé quand il s'agit de retracer le passé.