Ils travaillaient dans des fast-food ou des fermes et voulaient changer le monde. Se battre pour la démocratie et les droits de l'homme. Lutter contre le terrorisme. Faire quelque chose de bien. Pour une fois. Des volontaires du monde entier ont rejoint la Syrie en juillet 2017 pour combattre Daesh et défendre la révolution kurde. "Ce n'est pas la révolution qui a besoin de nous. C'est nous qui avons besoin de cette révolution", affirme l'un de ces jeunes engagés internationaux. Il y a Ma...

Ils travaillaient dans des fast-food ou des fermes et voulaient changer le monde. Se battre pour la démocratie et les droits de l'homme. Lutter contre le terrorisme. Faire quelque chose de bien. Pour une fois. Des volontaires du monde entier ont rejoint la Syrie en juillet 2017 pour combattre Daesh et défendre la révolution kurde. "Ce n'est pas la révolution qui a besoin de nous. C'est nous qui avons besoin de cette révolution", affirme l'un de ces jeunes engagés internationaux. Il y a Marcello l'Italien avec ses idées politiques bien arrêtées, Robin qui vient des États-Unis, ou encore Bagok de Finlande. D'autres sont écossais, espagnols, souvent portés par la mythologie des brigades internationales. Bénévoles, sans passé militaire pour la plupart, ils ont abandonné leur vie d'ouvrier, d'employé, d'étudiantspour prendre les armes et participer à la bataille de Raqqa. Ils racontent le travail de déminage. Pendant les moments d'accalmie, ils parlent de cinéma, des raisons du déclin du 7e art italien. En immersion, au coeur de l'action, les journalistes Paul Moreira et Pedro Brito da Fonseca ont suivi, de juillet à octobre 2017, une brigade missionnée pour pénétrer chaque nuit les lignes ennemies. Le quotidien est effroyable. Une tension de tous les instants. Des voitures qui explosent, des champs de mines, des kamikazes. Et l'idée que la seule manière de quitter cette ville maudite, c'est blessé ou les pieds devant. Puis, les cadavres sous les décombres, l'odeur, les mouches... Les images des ruines et d'un Raqqa qui part en fumée sont aussi désolantes qu'impressionnantes et la bande son du documentaire renforce encore leur poids. Les jeunes soldats plus ou moins improvisés payés avec des cigarettes ( "Moi, je ne fume pas", dit Guevara) sont les antihéros, courageux et humains, de ce film exceptionnel qui s'aventure de temps en temps en infrarouge au milieu des balles qui sifflent. Les deux réalisateurs questionnent leur engagement. Mais aussi l'après, le retour à la vie normale si tant est qu'il est possible. Personne n'est là pour les remercier. À la chute du califat autoproclamé, les combattants rentrent chez eux mais ne sont et ne seront plus jamais les mêmes. Quand l'Histoire n'occulte par leur rôle déterminant dans la victoire, ce sont les autorités qui les rattrapent et vont jusqu'à les poursuivre pour terrorisme... Zoom nécessaire sur des parcours méconnus.