Parcourir les rayons consacrés à la philosophie dans les grandes librairies ayant survécu à l'assaut des enseignes en ligne fait toujours l'effet d'un spectacle d'horreur inversé. Entre les présentoirs consacrés à la belle âme du moment, tentant de fourguer ses impératifs consolateurs sous des titres pastel, et les piles de livres d'analyses plus ou moins inspirées signés par les penseurs tout-terrain promus par les grosses maisons d'édition, le choix est en effet entre le confesseur cauteleux et l'instituteur de mauvais poil. Rien de plus étranger à ce que pourrait être une philosophie au sens fort -c'est-à-dire celui d'une création de concepts pouvant n...