Matteo rentre au village après avoir passé trois ans à Milan. Complètement perdu, sans le sous et sans perspective d'avenir, il choisit la seule option possible: aller vivre chez sa grand-mère. Outre l'aïeule, il y retrouve ses tantes et sa cousine Sara, enceinte jusqu'aux dents. Pour bien comprendre dans quoi Matteo met les pieds, voici un petit topo de la situation: la mamie es...

Matteo rentre au village après avoir passé trois ans à Milan. Complètement perdu, sans le sous et sans perspective d'avenir, il choisit la seule option possible: aller vivre chez sa grand-mère. Outre l'aïeule, il y retrouve ses tantes et sa cousine Sara, enceinte jusqu'aux dents. Pour bien comprendre dans quoi Matteo met les pieds, voici un petit topo de la situation: la mamie est en chaise roulante, une aide-soignante polonaise s'en occupe tous les jours ainsi qu'un orthopédiste. Tatie A est veuve et tout le monde vit sur la rente du défunt mari -paix à son âme. Tatie B est la mère de Sara: elle n'adresse plus la parole à sa fille engrossée par un inconnu. Tatie C, bigote qui ne quitte jamais son survêt', est l'adjudant-chef qui régit tout ce petit monde en aboyant des ordres. Enfin, Matteo, dont tout le monde pense qu'il a abandonné la fac -son père leur avait dit qu'il commençait des études à l'unif- revient la queue entre les jambes parce que largué par... son mec. Le départ de Matteo du foyer familial étant justement lié à son coming out. Cette histoire ne parle pas de conflit générationnel ni d'incompréhension face à la différence. C'est plutôt le bilan que fait un gamin de sa courte vie, des actes qu'il a (ou pas) posés et leur implication sur son entourage. Et surtout de ses propres a priori, apportant une certaine originalité au récit. L'ado accepte totalement le fait d'être gay mais pense que les villageois "arriérés", famille comprise, vont le juger. Pourtant, mis à part certains irréductibles, ses proches vont s'employer à démonter ses préjugés. Malgré un scénario par moments un peu trop attendu et une ressemblance graphique trop prononcée entre les personnages (ce qui embrouille parfois le lecteur), Les Générations fait le récit universel -de manière finalement assez honnête- d'un adolescent qui passe à l'âge adulte.